Saint-Hilaire-le-Châtel

Seigneurie et domaine de Pigeon

Les seigneurs de Pigeon ne sont cités dans les documents d’archives qu’à partir du début du XIVème siècle. Contrairement aux seigneurs de Mauregard, Montcollin et Nully qui sont nommés, dès le XIIème siècle, dans divers manuscrits, pour les dons faits aux Monastères et Abbayes du Perche ; aucun seigneur de Pigeon n’apparaît comme bienfaiteur de ces établissements religieux. Cette seigneurie existait-elle alors à cette époque ? Le nom de Pigeon est pourtant cité dans une charte du milieu du 12ème siècle figurant dans le cartulaire de la Trappe. On y apprend que Guillaume de Mortagne a fait don à l’abbaye de la Trappe, d’un setier de blé sur le moulin de « Chalo », qui est à Pigeon (Pigeium). Dans une autre charte de 1189, Rotrou IV confirme les donations de plusieurs seigneurs du Perche à l’Abbaye de la Trappe et notamment le don par Guillaume de Mortagne d’un setier de blé sur le moulin de « Calloi », sans autres précisions. Ces noms de moulin sont totalement inconnus dans les archives concernant la commune de St Hilaire. Alors, s’agit-il de Chalo ou Calloi et Pigeon en St Hilaire ? Peut-être, mais si Guillaume de Mortagne y a possédé des droits, on verra ci-après que cette terre dépendait de la justice de Soligny.

L’emplacement du manoir seigneurial, en fond de vallée, ne lui donnait pas l’importance stratégique de ses trois voisines ci-dessus nommées qui ont possédé haute, moyenne et basse justice De tout temps, la seigneurie de Pigeon n’a semblé détenir que basse justice et relever pour la haute et moyenne justice de la seigneurie de Soligny. Les seigneurs de Pigeon avaient donc obligation de faire les déclarations de « foi et hommages » aux seigneurs de Soligny et de leur payer les droits de « rachats de fief ». C’est dans le chartrier de la famille de ROHARD  que le nom du premier seigneur de Pigeon apparaît au XIVè siècle. Ce chartrier et divers autres documents ont permis d’établir l’historique ci-après du domaine de Pigeon, de ses seigneurs, propriétaires et occupants et des biens le composant du 12ème siècle à nos jours. Il y est ajouté le récit de quelques conflits et procédures entre les seigneurs de Pigeon et des seigneurs voisins qu’il me paraissait intéressant de vous rapporter tant ils représentent un volume important des archives relatives à cette seigneurie. (1) 

Cet historique se devait de contenir le récit des 150 dernières années pendant lesquelles ce lieu a été occupé par les religieuses de la Congrégation Notre Dame de Fidélité depuis l’ouverture de l’orphelinat en 1868 jusqu’à leur départ en 2018.

I – Seigneurs et propriétaires de Pigeon

du 12ème siècle à la révolution

Les premiers propriétaires supposés :

Ainsi qu’il est écrit en introduction, un certain Guillaume de MORTAGNE aurait possédé des droits au 12ème siècle sur le moulin de Chalo ou Calloi près de Pigeon. Mais rien n’indique qu’il était propriétaire et seigneur du lieu qui semble avoir relevé, de tout temps, de la seigneurie de Soligny. Les premiers seigneurs de Soligny, qui portaient le nom de leur seigneurie, vivaient encore en terre percheronne  à la fin du 12ème siècle.

En 1185 et 1189 – Hugues de SOLIGNY et Jean de VILLIERS furent bienfaiteurs de l’abbaye de la Trappe de chacun un arpent de pré sur la rivière l’Erine. Hugues de SOLIGNY et son fils Guillaume donnèrent deux arpents et demi de pré en un lieu non précisé. Peut-être ces deux seigneurs et leurs ancêtres de la famille de SOLIGNY dont les noms ne nous sont pas parvenus, possédaient-ils les terres de Pigeon. A moins qu’ils n’en soient devenus propriétaires par acquisition au 12ème siècle de la famille de MORTAGNE.

Selon les historiens L.J. Fret et J.F. Pitard, la seigneurie de Soligny avec ses dépendances et appartenances, passa au début du 13ème siècle dans la famille CHEVREUIL, sans doute par alliance avec une descendante de la famille de SOLIGNY (2) et (3). Cependant, plusieurs documents nous démontrent que cette famille CHEVREUIL possédait déjà des biens à Soligny dès le début du 12ème siècle. Elle était également propriétaire du moulin de Rialin en St Hilaire (proche de Pigeon) au milieu du 12ème siècle.

La famille CHEVREUIL et les seigneurs de Soligny, propriétaires de Pigeon (12ème au 14ème siècle) :

En 1112 –Gervais CHEVREUIL, fils de Girard, approuve la donation faite par Payen de Montcolin à l’abbaye de St Denis de Nogent de la dîme de Corbion en Soligny (Gervais est déclaré seigneur de Corbion). Il est décédé avant 1144 et inhumé à la Trappe. (4)

En 1144 – Rotrou comte du Perche, confirme les donations faites à la Léproserie de Chartraige à Mortagne par plusieurs seigneurs dont Girard CHEVREUIL, fils du précédent, du moulin de Rialin en St Hilaire lès Mortagne. (5)

En 1173, le Pape Alexandre III confirme les biens donnés à la Trappe, notamment par Gervais CHEVREUIL, seigneur de Soligny et fils du précédent, d’une métairie à Ligni (St Hilaire lès Mortagne) (6) De son mariage avec Jeanne X, il eut au moins cinq enfants, 3 filles et 2 garçons : Guérin et Girard qui suivent.

En 1205, Guérin CHEVREUIL fait remise d’un cens de 20 setiers de blé sur la grange de Ligni donnée par son père à l’abbaye de la Trappe. (6)

En 1218Girard CHEVREUIL fait don à l’abbaye des Clairets (cne de Mâle – Orne) d’une rente sur des terres à Ceton (Il est peut-être à l’origine de la branche des CHEVREUIL de Ceton) (5)  

En 1238, Nicolas CHEVREUIL, fils du précédent, confirme la donation faite par son père à l’abbaye de la Trappe, d’une rente de 5 sous tournois due par le détenteur de la Galopinière (soligny la Trappe).  De son union avec Marguerite X sont issus Guillaume son fils ainé, seigneur de Ceton et Nicolas, seigneur de Soligny, qui suit.

En 1253Nicolas CHEVREUIL fait don du bois du Parc aux religieux de la Trappe et en 1255, leur vend des bois et bruyères au Buat (paroisse de Lignerolles)

En 1297, son fils Colin CHEVREUIL vit sur ses terres de Soligny où il est déclaré seigneur du lieu. D’une union inconnue, il a eu un fils dénommé Nicolas, héritier de Soligny.

En 1313, ledit Nicolas CHEVREUIL, seigneur de Soligny, se marie avec une épouse dont le nom nous est inconnu et avec qui nous lui connaissons 3 enfants : Jeanne et Colette, dames de Soligny et Jean, qui suit.

En 1336, Jean CHEVREUIL partage la terre de Soligny avec ses sœurs Jeanne et Colette et en 1338, il épouse Jeanne de VILLIERS. De leur union sont nés 3 filles : Jeannette, fille ainée qui épousa Thomas AUCHER ; Colette qui épousa Thomas de POIX et Jeanne qui épousa Colin de la BARRE, toutes trois, dames de Soligny. (3)

C’est d’ailleurs à partir de ce début du 14ème siècle qu’apparait le premier seigneur portant réellement le titre de seigneur de Pigeon. Avait-il acheté son bien auxdites soeurs de Jean CHEVREUIL ou avait-il épousé l’une d’elle ?

Au décès de Jean CHEVREUIL et à défaut d’héritier mâle et donc du droit d’ainesse dont seuls les hommes pouvaient bénéficier, la seigneurie de Soligny et toutes ses dépendances se sont trouvées partagées entre ses trois héritières.

En 1402, Colette et Jeanne CHEVREUIL vendaient leurs droits sur Soligny à Pierre II de Valois, 16ème comte du Perche qui les légua dans son testament de 1404 aux religieux de la Chartreuse du Val Dieu.

En 1411, Jean AUCHER, héritier de Jeannette CHEVREUIL donnait ses droits sur Soligny aux Chartreux du Val Dieu. (3)             

(voir généalogie Chevreuil sur généanet  )

La famille de ROHARD et les seigneurs de Pigeon : (1)

Armes de la famille de ROHARD. Il existe plusieurs variantes des blasons de cette famille selon les armoriaux mais qui sont assez proches les unes des autres. (7)

« d’argent à deux fasces surmontées la 1ère d’une étoile en chef, la 2ème de deux quintefeuilles, accompagnées en pointe d’une épée la pointe en haut, le tout de gueules, accostés de deux mouchetures d’hermine de sable »

Armoriaux d’Hozier Normandie-Alençon et d’Hozier Tours

« d’argent à deux fasces surmontées la 1ère d’une étoile en chef, la 2ème de deux roses, le tout de gueules, accompagnées en pointe d’un poignard au naturel la pointe en haut,  accosté de deux mouchetures d’hermine de sable »

Armoriaux Jougla de Morena et Riestscapp

« d’argent à deux fasces de gueules, accompagnées en chef d’une étoile, en flanc de deux quintefeuilles et en pointe d’une épée le tout d’argent, l’épée accostée de deux mouchetures d’hermine de sable »

Armorial de la Province du Perche

« d’argent à la fasce d’azur, chargée de deux roses d’or, accompagnée en chef d’une étoile de sable, en pointe d’une épée de même, la pointe en haut, accostée de deux mouchetures d’hermine »

Dictionnaire généalogique tome VI et cabinet d’Hozier vol 296

1er seigneur de Pigeon – Jehan de ROHARD, vivant sur ses terres de Pigeon en 1329, est le premier seigneur connu, portant le titre de « seigneur de Pigeon ».

Le 12 juillet 1328, Colin Chollet lui avait rendu aveu pour le rachat du fief et hommage de la Mailliardière (peut-être la Massardière située paroisse de Bazoches sur Hoëne)  et dépendant de sa seigneurie. Ainsi qu’il est dit ci-dessus, son seigneur haut justicier ne pouvait être que Nicolas CHEVREUIL, seigneur de Soligny, à qui il a sans doute rendu foi et hommage  et fait déclaration d’aveu pour son fief et seigneurie de Pigeon.

2ème – son fils Guillaume de ROHARD lui succède comme 2ème seigneur de Pigeon.

3ème – Jehan de ROHARD, né vers 1355, fils du précédent, est le 3è seigneur de Pigeon. Il apparait dans plusieurs actes passés en la châtellenie de Mortagne, entre 1406 et 1427.

4ème – son fils aîné, Thomas de ROHARD lui succède et devient le 4è seigneur de Pigeon. Il épouse Jeanne TOUPINELLE avant 1442 avec laquelle il a deux fils qui se partagent leurs successions le 3 janvier 1470 :

  • a) Jehan, fils ainé, qui suit en 5 ;
  • b) Allain, devient seigneur de Michétif (alias Meschétif : lieudit sur paroisse de Bazoches sur Hoëne qui n’existe plus aujourd’hui) et épouse Jacqueline du GRENIER en 1472.

5ème – Jehan de ROHARD est le 5è seigneur de Pigeon. Il se marie en 1473 avec Marie de MORTEMER, fille de la comtesse de Montfort dont il a deux enfants :

  • a) Laurent, qui suit en 6 ;
  • b) Jehanne, mariée en 1502 à Raoul de LESPINE, seigneur de Chateurigny

6ème – Laurent de ROHARD devient le 6è seigneur de Pigeon et prend également le titre de seigneur des Marais (St Quentin de Blavou) et de Michétif (Bazoches sur H.) En 1507, il épouse Catherine de GISLAIN, fille du seigneur de Boisguillaume (Soligny la Trappe). Ils ont eu sept enfants :

  • a) Jehan, fils aîné qui suit en 7 ;
  • b) Françoise, épouse de Anthoine de PANTHOU, seigneur de Vauvert (Bailleul – 61) ;
  • c) Anne, épouse de Guillaume de SALLES, seigneur de l’Hermitière – 61 ;
  • d) Clériadus, seigneur de Michétif, époux de Jeanne POUSSET. Il décède le 13 mai   1573 laissant une seule fille héritière : Antoinette.
  • e) Charles (sans mariage ni descendance connue)
  • f) Michel, seigneur des Marais, lieutenant particulier à Bellème, époux de Antoinette COURTIN avec laquelle il a eu quatre enfants  :  1er – Michel ;  2è – Louis, seigneur des Bergeries époux de Catherine BERCHER ; 3è – Antoinette épouse de Hector de BARVILLE, seigneur du Parc ; et 4è – Charles de ROHARD, seigneur fondateur de St Lubin des Cinq Fonts (Authon du Perche – 28) où il est décédé le 12 mars 1624. Il était également seigneur des Marais, de la Goguerie, la cheminée, les Bordes, Quincampois, Bethonvilliers, le Coudray.
  • g) Louis, seigneur de Tréhéru (Bazoches sur H), marié en 1580 à Jeanne de LISLE dont il a eu : 1°) Jean, seigneur de Lisle, époux de Magdeleine OLIVIER ;  2°) Marie, mariée en 1604 à René de GRONGNEAUX, seigneur de Boissé et de la Rozière

7ème – Jehan de ROHARD est le 7è seigneur de Pigeon également seigneur de Boisgaucher > la seigneurie de Boisgaucher était un « fief volant  » avec basse justice sur 4 hommages (Ringouhier, Haute Tremblaye, la Boulardière, la Sémondière) qui en relevaient situés paroisse de St Hilaire et autres paroisses circonvoisines (1).  Jehan de ROHARD épouse Madeleine ou Marie de VILLEREAU dont il a :

  • a) François qui suit en 8 ;
  • b) Jehan marié à Andrée BERTHOU. Ils auront un fils prénommé Jean, décédé en 1666 au château de Pigeon.

8ème – François de ROHARD (1534-1599) prend le titre de seigneur de Pigeon-la Plaine, Boisgaucher.  Il est le premier à associer le nom de « la Plaine » à celui de Pigeon. Par la suite, ses descendants prirent également le titre de seigneur de la Plaine en plus de celui de seigneur de Pigeon, compte tenu de l’importance de ces terres dans la réserve seigneuriale. De son mariage en 1561 avec Anne de BARVILLE, fille du seigneur de Boislandry (Coulonges s/Sarthe) sont issus :

  • a) Jacques fils aîné qui suit en 9 ;
  • b) Marie épouse de René HELLEGUIN, seigneur des Hays (Mesnil Guyon) ;
  • c) François, seigneur de la Rivière (St Pierre la Rivière – 61) marié en 1629 à Hélaine de CHALOPPIN dont sont issus : 1°) – Guillaume, seigneur de la Rivière ; 2°) – Catherine épouse de MALHERBE, seigneur des Ifs ; 3°)  Nicolas, seigneur des Manières ; 4°) – Jean.
  • d) Jehan. 

9ème – Jacques de ROHARD, seigneur de Villemoy Pigeon-la Plaine > Villemoy est un ancien lieudit de St Hilaire où existait autrefois un moulin dont il va être reparlé ci-après dans le chapitre  « biens des seigneurs de Pigeon » et faisant partie comme « la Plaine » du domaine de Pigeon. Jacques de ROHARD épouse le 7 septembre 1597 Judith de GISLAIN, fille du seigneur de Boisguillaume, desquels sont nés :

  • a) Charles qui suit en 10 ;
  • b) Anne

10ème – Charles de ROHARD (1605-1669) seigneur de Pigeon, la Plaine, St Hilaire, de Lozier, et du Grand Fresne. Il est le premier à prendre le titre de seigneur de St Hilaire, de Lozier et du Grand Fresne (voir ci-après chapitre II « biens des seigneurs de Pigeon). Il s’est marié en 1642 avec Françoise de BARVILLE, fille du seigneur de la Lambonnière (Pervenchères) avec laquelle il a eu huit enfants :

  • a) Jacques qui suit en 11 ;
  • b) René (1655-1678) ;
  • c) Marie épouse de Jacques de BONNENFANT, seigneur du Breuil (Bonsmoulins) ;
  • d) Anthoine, prêtre ;
  • e) François (1648-1648) ; f) Anne ; g) Renée ; h) Gilles.

11ème – Jacques de ROHARD, seigneur de Pigeon, la Plaine, St Hilaire, Lozier, Boisgaucher et du Grand Fresne, épouse le 7 juin 1670 Gabrielle de THIESLIN, fille du seigneur de la Courbe (Beaufay – 72). Ils ont eu quatre enfants :

  • a) Gabrielle Juliette (1671-1671) ;
  • b) Marie (1672 – ….)
  • c) Jacques Charles qui suit en 12 ;
  • d) Gilles (1674-1711) lieutenant au régiment de Picardie.

12ème – Jacques Charles de ROHARD (1673-1758), seigneur de Pigeon et la Plaine, St Hilaire, Boisgaucher, du Grand Fresne, épouse le 29 septembre 1711, Elisabeth GAUDIN de la CHENARDIERE, fille du seigneur de la Chenardière et de Courtallain (La Chapelle St Remy – 72). Ils donnent naissance à quatre filles et n’ont pas d’héritier mâle.

Jacques Charles est donc le dernier de la famille de ROHARD à porter le titre de seigneur de Pigeon, près de quatre siècles et demi après son ancêtre Jehan de ROHARD.

En 1758, après le décès des époux de ROHARD-GAUDINla seigneurie de Pigeon revient donc en indivision aux quatre sœurs : Marie Elisabeth, Marthe, Marie Henriette et Suzanne de ROHARD, dames de Pigeon, qui suivent en 13.

13ème – Indivision dames de Pigeon > 1758

a) –  Marie Elisabeth de ROHARD, fille aînée, née le 17 août 1712 à St Hilaire a épousé en 1739, Louis LE PETIT de SERANS, seigneur de Sérans (Orne), qui suivent en 14. De leur union sont issus 9 enfants dont 3 garçons et 6 filles ;

b) – Marthe de ROHARD, née en 1720 a épousé en 1755 Jean Alexandre du BREUIL, seigneur de St Ouen de la Cour, le Chesne, Bure, Boisauvée et autres lieux ;

c) – Marie Henriette de ROHARD, célibataire décédée en 1790 ;

d) – Suzanne de ROHARD a épousé en 1746 Gilles de SAINT AIGNAN, seigneur de Charles Vrigny, dont sont issus : Jacques, seigneur des Bois Francs et Marie Victoire épouse de Jean Baptiste de MOUCHERONS.

Au début de l’année 1759, les terres de Pigeon-la Plaine étaient effectivement en indivision entre les sœurs de ROHARD puisque le 4/1/1759, elles vendaient ensemble à un marchand de bois, des arbres coupés dans le bois de Pigeon. Vers 1759/1760, les biens provenant de la succession de Jacques Charles de ROHARD ont probablement fait l’objet d’un partage entre lesdites sœurs ; Marie Elisabeth recevant les seigneuries de Pigeon-la Plaine  et Boisgaucher, Marthe recevant la seigneurie de St Hilaire, Marie Henriette des rentes et deux prés à Pontpercé et Suzanne sans doute la terre du Grand Fresne (acte non retrouvé).

(voir généalogie de ROHARD sur généanet )

Les familles LE PETIT et  du BREUIL (ou DUBREUIL)

14ème – Marie Elisabeth de ROHARD, fille ainée de la succession devient seule propriétaire des seigneuries de Pigeon, la Plaine et Boisgaucher vers 1759/1760 ainsi qu’il est dit ci-dessus. En son nom, son mari Louis LE PETIT de SERANS, seigneur de Serans, n’ayant apparemment jamais pris le titre de seigneur de Pigeon, rend aveu les 23 mai 1760 et 30 juillet 1762 pour lesdites seigneuries aux Chartreux du Val Dieu.

Le 19 juin 1764il vend au nom et par procuration de son épouse les terres et seigneuries de Pigeon, la Plaine et Boisgaucher à Jean du BREUIL et Marthe de ROHARD, ses beau-frère et belle-soeur qui suivent en 15.

15ème – Marthe de ROHARD avait reçu la seigneurie de St Hilaire dans le partage ci-avant relaté (acte non retrouvé). Avec son mari Jean Alexandre du BREUIL (1710-1773), seigneur de St Ouen de la Cour, le Chesne, Bure, Boisauvée et autres lieux ils sont devenus propriétaires de la totalité de la seigneurie de Pigeon, la Plaine et Boisgaucher suite à l’acquisition ci-dessus en 1764. Jean du BREUIL décède le 23/10/1773 et son épouse Marthe le 31/12/1807  laissant pour unique héritier leur fils Jacques né en 1756 à Bellême, qui suit en 16

16ème – Jacques Louis Robert du BREUIL (DUBREUIL de St Hilaire – 1756-1833), seigneur de St Ouen de la Cour, Bure, le Chesne, Boisauvée se déclare également seigneur de St Hilaire Pigeon la Plaine et fait déclaration de rachats aux religieux du Val Dieu pour les terres et seigneurie de Pigeon, la Plaine le 14 février 1780. C’est donc le dernier seigneur de Pigeon quelques années avant la révolution. Il épouse en 1783 Sophie LEFRERE de MAISONS et de leur union sont nés :

  • a) Marthe Sophie née en 1784 au château de Pigeon, épouse de Henri de LONGUEIL, qui suit  ;
  • b) Marie Delphine mariée en 1809 à Charles SARRAUDE de la CHARPENTERIE, maire de Mortagne ;
  • c) Jacques René Théodore

 (voir généalogie du BREUIL sur généanet )

Blasons de la famille Du BREUIL

« d’azur au chevron d’or accompagné de trois croissants de même »

blason de Charles Grégoire du BREUIL, curé de Bellavilliers

cf Armorial de la Province du Perche

c’est aussi le blason de Jean DUBREUIL de Saint Hilaire et semble être le blason officiel de la famille

« d’azur à trois têtes de léopard d’or posées 2 et 1 »

                         cf  armorial d’Hozier

blason de Pierre du BREUIL, curé d’Igé   

2) de la Révolution à nos jours

Familles DUBREUIL/ de LONGUEIL – LABBEY de la ROQUE

En 1825, Jean Louis Robert DUBREUIL de Saint Hilaire, ci-avant nommé, avait rédigé son testament au profit de sa femme et ses enfants qu’il avait déposé chez Me Alexandre Bail, notaire à Mortagne, sous paquet clos et scellé de cinq cachets de cire noire avec empreinte de ses armes.

 ci-dessus : l’un des cinq cachets de cire noire qui scellaient le paquet, avec le sceau de Jean DUBREUIL  sur lequel on peut apercevoir ses armes au centre : le chevron (V renversé) et les 3 croissants, identique au blason de Charles Grégoire, son grand oncle. (7b)

A son décès en 1833, il est procédé à l’ouverture de son testament chez Me Moussard, notaire à Mauves, ci-après partiellement reproduit :

« Je, soussigné Jacques Louis Robert Dubreuil de Saint Hilaire, écuyer, demeurant à Mortagne

Voulant donner à madame Sophie Lefrère de Maisons, mon épouse, des témoignages de mon estime et de ma tendresse ; désirant que ma mort cause le moindre changement possible dans sa fortune et dans ses habitudes ;

Voulant aussi éviter toutes contestations entre mes enfants relativement au partage de ma succession ;

Après avoir recommandé mon âme à Dieu, ai fait mon testament dans la forme mystique comme il suit :

Je donne et lègue à Madame Sophie Lefrère de Maisons mon épouse

La propriété de tous les biens meubles que je laisse à mon décès sans réserve ; plus la jouissance et usufruit pendant sa vie :  du château de Réveillon, jardin, parcs et retenues et autres accessoires et généralement tous les objets non affermés dépendant de ma terre de Réveillon ; de la ferme de la Horlière située commune de Réveillon ; de la ferme de Livry, située commune de Réveillon ;  de la ferme de Rialin située commune de Saint Hilaire ; du moulin de Saint Hilaire avec toutes ses dépendances situé commune du même nom ;

Ainsi que lesdits fermes et moulin seront composés et affermés au moment de ma mort …

Je donne et assigne à titre de lotissement et partage à Jacques René Théodore Dubreuil de Saint Hilaire, mon fils :

1° – le château de Réveillon, les cours, basse cour, parcs, jardins avec les bois de futaie en dépendant, en ce compris les retenues dont j’ai fait la cession à madame de St Hilaire et celles que je réunis à ma ferme de la Horlière ;

2° – le moulin de Réveillon avec ses dépendances.

Ces objets et les fermes du Bois du Puy et de l’Ecluse, que j’ai précédemment donnés à mon fils, composeront son lot.

Je donne et assigne à titre de lotissement à Madame Marthe Sophie Dubreuil, ma fille, veuve de Monsieur Henri Michel Jacques de Longueil :

1° – le château, cour, jardins, basse cour, futaie de Pigeon et toutes leurs dépendances ;

2° – plusieurs pièces de terre égrainées dites les pièces de la Plaine ;

3° – le pré des Patis ;

4° – tous les bois taillis et la futaie à la suite ;

5° – la ferme de Pigeon avec le petit pré provenu de la succession de Mlle de Rohard ;

6° – le ferme de Rialin ;

7° – la ferme de St Hilaire ;

8° – le moulin de St Hilaire ;

Le tout situé commune de St Hilaire et par extension en celles de Bazoches et Ste Céronne.

A la charge par Mme de Longueil de payer à partir du jour de ma mort à Mme de la Charpenterie, sa sœur, une rente de 200 francs exempte de retenue, remboursable à la volonté de Mme de Longueil, moyennat un capital de 4000 francs.

Je donne et assigne à titre de lotissement et partage à Mme Marie Delphine Dubreuil, ma fille, épouse de M. Charles Victor Sarraude de la Charpenterie :

1° – ma ferme de la Horlière située commune de Réveillon … ;

2° – ma ferme de Livrie située commune de Réveillon et par extension dans celle du Pin ;

3° – ma ferme de Boisauvé située commune du Pin ;

4° – ma ferme du Chêne et des Ecouvailleries réunies situées commune de St Ouen de la Cour avec la maison de maître et les autres dépendances… ;

5° – enfin une rente perpétuelle …

Toutes les fermes que je lègue ci-dessus seront prises dans l’état où elles se trouveront au moment de mon décès …

Je veux que dans l’année de mon décès il soit célébré 300 messes basses pour le repos de mon âme savoir : 100 à Mortagne, 100 à Réveillon et 100 à St Hilaire …

A Mortagne le 9 février 1825 » 

1er – Marthe Sophie DUBREUIL (1784/1867), veuve de LONGUEIL est donc légataire du domaine de Pigeon suite au décès de son père le 13 mars 1833, suivant le testament ci-dessus. Le procès verbal d’héritiers valant partage chez Me Bail notaire à Mortagne des 21 et 29/4/1834, consolide ce testament. Marthe Dubreuil a reçu le domaine complet de Pigeon y compris les fermes de Tréhéru et de la Bulardière non énoncées dans ledit testament. (8)

Marthe Sophie s’est mariée en 1803 à Henri de LONGUEIL, marquis de Longueil (décédé en 1820). De leur union est née Elisabeth en 1804, mariée en 1829 à Léopold LABBEY de la ROQUE. Les époux LABBEY de la ROQUE sont décédés en 1829 et 1849 après avoir donné naissance à leur unique fille : Marie Sophie née en 1829 à Caen qui suit en 2.

2ème – Marie Sophie LABBEY de la ROQUE (1829/1905) est donc seule et unique héritière en représentation de Elisabeth de LONGUEIL, sa mère prédécédée en 1829, au décès de Marthe Sophie DUBREUIL, sa grand-mère, survenu en son château de Pigeon le 25/9/1867 ainsi que le constate un acte de notoriété fait et passé chez Me Brideau notaire à Mortagne le 28/10/1867 sous les réserves du testament olographe en date du 15/9/1854 (voir chapitre IV – de l’orphelinat à l’IME). (9)

Religieuse au couvent et orphelinat de la Vierge Fidèle à Upper Norwood (quartier situé au sud-est de Londres) ; elle y décède le 3/7/1905 laissant pour légataires universelles conjointement chacune pour un quart, quatre religieuses de la congrégation de la Vierge Fidèle : Mary Ellen GRANT, Lucy DANIELL, Elisabeth TIERNEY et Louisa DEARLOVE qui suivent en 3 (acte de notoriété du 8/9/1905 et déclaration de succession enregistrée à Paris le 29/12/1906). (10)

Religieuses anglaises, société et associations …

3ème – indivision entre les religieuses anglaises (1905/1924) (10) et (11)

a) – Mary Ellen GRANT (1844/1907), née en 1844 à Skibbereen, Cork (Irlande) est  légataire en 1905 pour ¼ des biens. Elle est religieuse au couvent et orphelinat de Upper Norwood, Croydon, Surrey (Angleterre) et y décède le 18/2/1907 laissant pour légataires universelles les trois autres sœurs ci-après qui se retrouvent propriétaires chacune pour 1/3 (déclaration de succession enregistrée à Paris 18/2/1907).

b) – Lucy DANIELL (1847/1914), née vers 1847 à Londres (Angleterre) est devenue propriétaire du tiers des biens suite aux deux legs ci-avant de 1905 et 1907. Elle est religieuse au même couvent de la Vierge Fidèle à Upper Norwood et y décède le 24/1/1914 laissant pour légataire universelle du tiers Madeleine KING qui suit en e) – (testament du 11/3/1914 et déclaration de succession enregistrée le 8/7/1920).

c) – Elizabeth TIERNEY (1840/1921), née en 1840 à Wigan, Lancashire – Liverpool (Angleterre) est devenue propriétaire du tiers des biens suite aux legs ci-avant de 1905 et 1907. Elle est religieuse au même couvent de Upper Norwood et y décède en janvier 1921 après avoir délivré procuration de vente le 7/1/1921. Son tiers indivis est vendu le 3/2/1921 chez Me Verrolles notaire à Argences (Calvados) à Kathleen LUMMIS qui suit en f)

d) – Louisa DEARLOVE (1834/1924), née vers 1835 à Berkshire (Angleterre) est devenue propriétaire du tiers des biens suite aux legs ci-avant de 1905 et 1907. Elle est religieuse de la Vierge Fidèle à Upper Norwood puis à Folkestone, comté de Kent. Elle vend son tiers indivis le 3/2/1921 chez Me Verrolles notaire à Argences (Calvados) à Ellinore POMFRET qui suit en g)

e) – Madeleine KING, née en 1886 à Bermondsey, Londres (Angleterre) est également religieuse au couvent de Upper Norwood. Elle est légataire en 1914 du tiers des biens provenant de Lucy DANIELL dont elle fait apport en 1924 à la Sté Immobilière Mortagnaise.

f) –  Kathleen LUMMIS, née en 1882 à Londres (Angleterre) est également religieuse au couvent de Upper Norwood. Elle a acquis 1/3 des biens en 1921 ainsi qu’il est dit ci-dessus et en fait apport en 1924 à la Sté Immobilière Mortagnaise.

g) – Ellinore POMFRET, née en 1887 à Darlington, Durham (Angleterre) est également religieuse de la Vierge Fidèle à Folkestone, comté de Kent (Angleterre) puis à Roseau, Dominique (Antilles anglaises). Elle a acquis 1/3 des biens en 1921 ainsi qu’il est dit ci-dessus et en fait apport en 1924 à la Sté Immobilière Mortagnaise.

  4ème – la Société Immobilière Mortagnaise, siège 27 rue Singer à Paris devient propriétaire en 1924 du domaine de Pigeon d’une superficie de 234 ha, suite à l’apport ci-dessus (acte de constitution et d’apport déposé chez Me Moyne, notaire à Paris). Les trois religieuses apporteuses des biens : sœurs KING, LUMMIS et POMFRET se réservent 408 des 500 actions ; 92 actions sont adjugées à 8 autres actionnaires. (11)

  5ème – l’association Le Châtel, siège 36 rue Montparnasse à Paris 6è, succède en 1992 à la Sté Immobilière Mortagnaise puis,  au début des années 2000, celle-ci cède ses biens aux association Valdosse et association Foyer Notre Dame (cette dernière, créée en 1955, assurait déjà, depuis cette date, la gestion et le fonctionnement de l’institut installé dans le château, le parc et ses dépendances sur une superficie d’environ 13 ha).

 Sources :

  •  (1) AD 61 – série 14 J : chartrier famille de ROHARD
  •  (2) L.J. Fret –Antiquités et chroniques Percheronnes
  •  (3) J.F. Pitard – Fragments historiques sur le Perche
  •  (4) St Denis de Nogent – Vte de Souancé
  •  (5) Bart des Boulais – Recueil des Antiquitez du Perche
  •  (6) cartulaire de N.D. de la Trappe
  •  (7) armoriaux d’Hozier, Jougla, Rietscapp …
  •  (7b) AD 61 – série 4 E 222 : archives notariales
  •  (8) AD 61 – série 4 E 228 : archives notariales
  •  (9) AD 61 – série 4 E 125 : archives notariales
  •  (10) AD 61- série 3 Q : tables des successions
  •  (11) Service des archives de publicité foncière d’Auxerre 1 : actes notariés

II – Composition du domaine

1) biens des seigneurs de Pigeon  jusqu’en 1789

Il est difficile de déterminer avec exactitude quelles sont les terres qui ont appartenues aux seigneurs de Pigeon. Au cours des siècles et au gré des alliances, acquisitions, successions, partages, … leurs biens ont fluctué ainsi que leurs droits seigneuriaux.

D’autre part, les titres successifs de noblesse (Sgr de Pigeon, la Plaine, Villemoy, Boisgaucher, Michétif, St Hilaire, Lozier, les Marais, le Grand Fresne …) attestent de l’étendue et de l’évolution de ces droits seigneuriaux.

Malheureusement, aucun document ne donne une description complète et précise des biens composant la Seigneurie de Pigeon. Citons parmi les plus intéressants :

– le partage de la succession de Laurent de ROHARD en 1538 ;

– la déclaration par Jacques de ROHARD  pour l’arrière ban de 1635 ;

– le partage de la succession de Charles de ROHARD en 1678 ;

– la vente par Le PETIT de SERANS à Jean et Marthe DUBREUIL en 1764 ;

– l’aveu par Jacques DUBREUIL aux prieurs du Val Dieu en 1780 ;

Ces documents permettent d’établir ci-dessous un descriptif des biens des seigneurs de Pigeon et de l’ensemble des droits desdits seigneurs. (1) –  (12)

1°) La seigneurie de Pigeon

Elle relevait de la seigneurie de Soligny acquise par les religieux du Val Dieu au début du 15ème siècle et à qui les seigneurs de Pigeon ont rendu foi et hommage et payé le rachat pour ladite seigneurie de Pigeon et tous ses fiefs jusqu’à la Révolution.

Les seigneurs de Pigeon ne possédaient que des droits de basse justice (cf arrière ban de 1635 et relevé des fiefs de la Chartreuse du Val Dieu) ; haute et moyenne justice étant exercées par les religieux du Val Dieu en tant que seigneurs de Soligny.

Cette seigneurie souvent appelée « Pigeon et la Plaine » comprenait :

a) la réserve seigneuriale ou préciput du seigneur de Pigeon (selon le droit d’ainesse, le préciput accordé à l’ainé des héritiers mâles était un avantage qui lui permettait de prendre son héritage avant partage avec les puinés et qui se composait de la demeure seigneuriale avec les droits attachés à la seigneurie ainsi que les terres proches afin de lui permettre de tenir un rang au moins égal à son père). Cette réserve se composait des biens suivants :

   > le manoir seigneurial avec cours, jardins, garenne à eau et connils, colombier et autres bâtiments d’exploitation de la ferme du lieu avec les droits de justice attachés à cette seigneurie sur l’ensemble des terres, fiefs et arrières fiefs (basse justice dans déclaration de 1635 et dans aveu de 1780) ;

   > les terres tant en prés, terres labourables à seigle, méteil et froment, bois taillis, haute futaie, situées de part et d’autre de l’Hoëne sur les paroisses de St Hilaire et Ste Céronne, en ce compris :

  • les terres dénommées « la Plaine », comprises entre le manoir, le moulin de Prémorin et l’ancienne route de Moulins > à partir de 1561, François de ROHARD et ses successeurs prirent également le titre de seigneur de la Plaine en plus de celui de seigneur de Pigeon, compte tenu de l’importance de ces terres dans la réserve seigneuriale  ;
  • les droits et place du vieux moulin de Villemoy avec cours d’eau, biefs et chaussées dudit moulin, situé entre le manoir et le moulin de Prémorin et disparu depuis plus de 2 siècles (d’où également quelquefois les titres de seigneurs de Villemoy, Pigeon et la Plaine – En 1598, Jacques de ROHARD prenait le titre de seigneur de Villemoy avant de succéder à son père et prendre le titre de seigneur de Pigeon et la Plaine).

Le tout d’une superficie d’environ 88 arpents (cf déclaration de 1635)  ou de 355 boisseaux (cf aveu de 1780) soit près de 63 ha.

b) les terres et fiefs compris à l’origine dans l’ancien domaine de Pigeon, mais devenus fiefs mouvants dépendant de ladite seigneurie, dont le seigneur de Pigeon conservait la propriété directe et qui ont appartenu en partie à des héritiers de ladite maison de Pigeon ou à autres acquéreurs pour la propriété utile  (voir droit féodal sur la propriété ). Ces fiefs étaient soumis aux obligations vassaliques suivantes : foi et hommage, rachat, taille et cheval de service envers lesdits seigneurs de Pigeon.

Sur la paroisse de St Hilaire :

   > le moulin de PréMorin (Pont Percé) ;

Sur les paroisses de St Hilaire et Bazoches :

   > le fief de Tréhéru d’environ 34 ha (devenu fief noble attribué à Louis de ROHARD en 1538 qui prit le titre de seigneur de Tréhéru)

Sur la paroisse de Bazoches sur Hoëne :

   > le fief de Michétif alias Méchétif de superficie inconnue (lieudit aujourd’hui disparu proche de Tréhéru ; peut-être Coubertru ?) Est devenu un fief noble attribué à Laurent de ROHARD en 1470 qui prit le titre de seigneur de Michétif.

Sur la paroisse de Ste Céronne :

   > Le petit fief de la Basse Tremblaye de 69 boisseaux ½ (cf aveu de 1780) soit 12 ha 40

La superficie de ces fiefs pouvait donc avoisiner les 80 ha.

La seigneurie de Pigeon ne comprenait pas les terres de Rialin et de la Bulardière, acquises aux 18ème et 19ème siècles. La superficie totale de cette petite seigneurie avec ses fiefs et arrières fiefs ne devait donc pas dépasser les 150 ha.

2°) La seigneurie de Boisgaucher (en Ste Céronne).

Elle relevait de la seigneurie du Plessis de Poix acquise en 1681 par les religieux du Val Dieu et à qui les seigneurs de Pigeon également seigneurs de Boisgaucher ont rendu foi et hommage et payé le rachat pour Boisgaucher jusqu’à la Révolution. Les seigneurs du Plessis possédaient moyenne et basse justice et relevaient eux même pour la haute justice de la châtellenie de Mortagne appartenant au Roi.

Dans la déclaration de 1635, la seigneurie de Boisgaucher est déclarée comme « fief volant » sans domaine. (fief ou seigneurie sans domaine ni chef-lieu ne possédant pas de château ou manoir seigneurial mais seulement composé de fiefs mouvants souvent disséminés).

Le premier seigneur de Pigeon à prendre le titre de seigneur de Boisgaucher fut Jean de ROHARD vers 1530. Sans doute avait-il acquis cette seigneurie en ce début du 16ème siècle à moins qu’elle ne lui provienne de son mariage avec Madeleine de VILLEREAU.

Cette seigneurie était composée de plusieurs fiefs sur lesquels les seigneurs du lieu possédaient des droits de basse justice. Ces fiefs, situés paroisses de Ste Céronne, St Mard de Coulonges, St Hilaire et Bazoches, jouxtant le domaine de Pigeon étaient les suivants : 

   > Le fief de la Haute Tremblaye ;

   > Le fief de Ringouhier ;

   > Les fiefs de la Boulardière (ou Croulardière ?) et de la Sémondière (lieudit aujourd’hui disparu peut-être devenu Maison Neuve ?).

3°) La seigneurie de St Hilaire (précédemment fief et hommages des Fontaines).

Elle relevait de la seigneurie de Vorré  ayant appartenu aux seigneurs de Mauregard et Vorré et à qui les seigneurs de Pigeon également seigneurs de St Hilaire ont rendu foi et hommage et payé le rachat pour St Hilaire jusqu’à la Révolution.

Les seigneurs de St Hilaire possédaient des droits de moyenne et basse justice et des droits honorifiques sur l’église de St Hilaire (cf PV du 12/1/1659 et sentences arbitrales).

Les seigneurs de Vorré possédaient les droits de moyenne et basse justice sur leurs fiefs et arrière fiefs, ce qui fut à l’origine de nombreux conflits entre les seigneurs de St Hilaire et de Vorré dont il est fait part ci-après dans le chapitre  3 « conflits et procédures».

Pour la haute justice, ils relevaient de la châtellenie de Mortagne appartenant au Roi, dont dépendait Vorré.

La seigneurie de St Hilaire fut vendue en 1646 par Claude de GISLAIN, seigneur de St Mars (St Mars de Coulonges) à Charles de ROHARD qui a été le premier seigneur de Pigeon à prendre également le titre de seigneur de St Hilaire.

Cette seigneurie autrefois dénommée fief et hommages des Fontaines comprenait :

   > Le moulin bannal de St Hilaire ;

   > Le fief et hommage de Ronel ;

  > Les fiefs et hommages de Jambart, Lercetel et la Gervaisière ou Gervaiserie (trois lieudits disparus depuis longtemps qui devaient désigner les fermes et terres du bourg et de Long Pré) ;

avec toutes les dépendances et droits de justice sur lesdits biens ainsi que les droits honorifiques en l’église de St Hilaire.

4°) La terre noble et seigneurie du Grand Fresne

Elle relevait directement du Roi pour sa châtellenie de Mortagne, à qui les seigneurs de Pigeon également seigneurs du Grand Fresne ont rendu foi et hommage et payé le rachat pour le Grand Fresne jusqu’à la Révolution.

D’une superficie de 56 acres (cf  état de 1758) soit environ 80 ha, elle avait été vendue en 1642 par Philippe LABEY, seigneur des Mottes à Jean de ROHARD, seigneur de Lisle, demeurant à Fresnay, paroisse de Ste Céronne. Jean de ROHARD est décédé à St Hilaire le 21/9/1655, sans descendance. Suite à son décès, la terre du Grand Fresne est revenue à Charles de ROHARD, son cousin, qui a été le premier seigneur de Pigeon à prendre également le titre de seigneur du Grand Fresne.

5°) Le fief noble de Lozier (l’Osier en Ste Céronne)

Est entré dans le patrimoine de la famille de ROHARD vers le début du 17ème siècle. Charles de ROHARD fut le premier seigneur de Pigeon à prendre également le titre de seigneur de Lozier (1629). 

6°) le fief du Bas Rialin(13)

Il semble avoir été acquis vers 1740/1745 par Jean Alexandre DUBREUIL (acte non retrouvé). En effet, lors de l’acquisition de la Bulardière en 1746, (voir ci-dessous) celui-ci a pris le titre de seigneur de Rialain ce qui laisse supposer qu’il était déjà propriétaire de ce fief en 1746 (à noter cependant que le fief de Rialin n’a jamais été une seigneurie). Le moulin, acquis plus tard ainsi qu’on le verra ci-après, ne faisait pas partie de ce fief. Un autre fief situé au Bas Rialin, vendu vers 1760 au seigneur de Mauregard, relevait de la seigneurie de Courteraye (St Aubin de Courteraie). J’ignore si celui acquis par le sieur DUBREUIL en dépendait également.

7°) Le fief de la Bulardière(13)

D’une superficie d’environ 45 ha, il a été vendu le 5/4/1746 par Pierre Jean Baptiste BARIL, seigneur de Feings, fils de défunt René BARIL, seigneur de Mauregard et Vorré  à Jean Alexandre DUBREUIL, seigneur de Rialin. Précédemment, ce fief de la Bulardière avait été adjugé à René BARIL en 1720 et ne dépendait pas de Mauregard ni de Vorré. A ce jour, malgré de multiples recherches, il ne m’a pas été possible de retrouver de quelle seigneurie il dépendait antérieurement.

Jean Alexandre DUBREUIL épousa Marthe de ROHARD en 1755, l’une des cohéritières de Pigeon. Par la suite, du fait de ce mariage, ces terres de Rialin et de la Bulardière se trouveront réunies au domaine de St Hilaire-Pigeon reçu pour partie en partage par son épouse et acquis pour le surplus en 1764.

8°) Autres biens acquis par les seigneurs de Pigeon, ou reçus en héritage de leurs épousessitués hors paroisse de St Hilaire

a) la seigneurie des Marais ou des Marets (paroisse de St Quentin de Blavou). Cette seigneurie est sans doute entrée dans le patrimoine de la famille de ROHARD vers la fin du 15ème siècle. Laurent de ROHARD fut le premier seigneur de Pigeon à prendre également le titre de seigneur des Marais. A son décès, elle fut attribuée à son fils Michel puis à son petit fils Charles de ROHARD, seigneur des Marais, qui fut le fondateur de la seigneurie de St Lubin des Cinq Fonts et à l’origine de la souche des ROHARD de St Lubin (paroisse d’Authon du Perche – E et L). De cette seigneurie des Marais devait dépendre :

   > le fief et hommage de la Mainayrie (Ménairie) sis paroisse de St Quentin de Blavou pour laquelle Laurent de ROHARD reçu aveu en 1512 ;

   > le fief de la Chevallerie, même paroisse ;

   > les terres des Basses Masures en St Jouin de Blavou pour lesquelles il reçut aveu en 1505.

 b) la terre et métairie du Petit Chiray (paroisse de St Ouen de Sécherouvre) cédée en partage en 1678 par Jacques de ROHARD à son beau-frère, Jacques de BONNENFANT, seigneur du Breuil, veuf de Marie de ROHARD. Aucun document ne nous informe depuis quelle date elle était entrée dans le patrimoine de la famille de ROHARD.

c) les fief et seigneurie de la Plisse (Avezé), métairie de la Brunetière (Avezé), métairie des Laitres (Tuffé), fief du Bois Gouhier (Cherreau), bordage des petites Gaudinières (Souvigné), fiefs de la Menatière et des Chaudronnières (St Aubin des Coudrais), maison à la Ferté Bernard … (le tout département de la Sarthe), héritées en 1738 de Elisabeth GAUDIN, épouse de Jacques Charles de ROHARD.

d) les seigneuries de St Ouen de la Cour, Réveillon dont Bure, Le Chêne, Boisauvée et autres biens sur Le Pin la Garenne, Corbon … apportés par la famille DUBREUIL vers 1755.

 2° biens composant le domaine de 1789 à nos jours

Au début du 19ème siècle, Jacques DUBREUIL, dernier seigneur de Pigeon, alors propriétaire du domaine de Pigeon ne possédait plus que les biens ci-après, sur les communes de St Hilaire, Ste Céronne et Bazoches :

– le manoir et la ferme de Pigeon provenant de l’ancienne seigneurie de Pigeon ;

– la ferme de Tréhéru provenant également de l’ancienne seigneurie de Pigeon ;

– la ferme et le moulin de St Hilaire provenant de l’ancienne seigneurie de St Hilaire ;

– la ferme de la Bulardière acquise en 1746 par Jean Alexandre DUBREUIL ;

– la ferme du Bas Rialin, acquise avant 1746 par le même.

Ce sont donc ces biens d’une superficie d’environ 230 ha qui figurent sur les premiers documents cadastraux (matrices et états de sections) au nom de Jacques Louis Robert DUBREUIL. Quoique celui-ci soit décédé en 1833, c’est lui qui est porté comme propriétaire sur ces documents établis en 1834/1836 ; documents qui ne seront mis à jour qu’après le décès de son épouse en 1845.

Tous les autres biens : le moulin de Pré Morin ou Pont Percé, les terres de Michétif, la Basse Tremblaye, Boisgaucher dont la Haute Tremblaye, Ringouhier, la Boulardière, la Sémondière, les terres de Ronel, le Grand Fresne et Lozier ayant été cédés ou adjugés à de nombreux nouveaux propriétaires pendant la période révolutionnaire.

Pendant plus de deux siècles, c’est cet ensemble qui va constituer le domaine de Pigeon, sans diminution ou agrandissement très importants à l’exception :  

  • de l’acquisition le 30/07/1861, par Mme de LONGUEIL, héritière de Pigeon, des époux MAILLARD, du moulin de Rialin avec bief, jardin, pré et terre labourable pour une contenance d’environ 3 ha. (14)
  • des modifications du périmètre du domaine suite aux remembrements de Bazoches (1961), St Hilaire (1969) et Ste Céronne (1980)

voir vidéo périmètre du domaine 

3°) le château, ses dépendances et constructions annexes

Aucun des documents consultés (partage de 1538, arrière ban de 1635, partage de 1678, vente de 1764, constitution de société de 1924) ne fournit la description détaillée du manoir ou château et de ses dépendances au cours des différents siècles. En l’absence de documents précisant la consistance des immeubles bâtis ou leurs dates de construction, il est donc difficile d’établir une datation précise de ces divers bâtiments. Seuls, quelques très rares rôles d’imposition sur les portes et fenêtres, le plan cadastral et la matrice cadastrale nous donnent une information très approximative à ce sujet.

En 1877, J. F. Pitard écrivait dans ses « Fragments historiques sur le Perche » au sujet de St Hilaire : « le château de Pigeon, bâti à la place d’un plus ancien, par Mme veuve de LONGUEIL née du BREUIL … ». Ce qui situerait donc la construction du château actuel entre 1833 et 1867 (concerne le bâtiment devenu habitation des sœurs). (3)

En 1801/1802, sur l’état d’imposition des portes et fenêtres de la commune, Jacques Dubreuil était imposé sur un bien habitable possédant 30 portes et fenêtres (presque moitié moins que l’actuel château).

En 1830, ainsi que nous pouvons le voir sur le plan cadastral ci-dessous reproduit, le manoir était composé de trois bâtiments disposés en forme de U, avec une cour intérieure ouvrant vers l’ouest. Il s’agit très probablement du précédent manoir de construction très ancienne. La cour était étroite (environ 9m x 20 m) et apparemment fermée par deux portes fixées probablement à un pilier central. Le bâtiment sud, moins large que les autres, devait être adossé au talus en bordure du chemin, en prolongement des bâtiments de la ferme (en jaune sur le plan) et sans doute de faible hauteur, peut-être à usage de dépendances. Une seule dépendance séparée, en dehors des bâtiments de la ferme, apparait sur ce plan. (15) – (16)

En 1852, la matrice cadastrale nous apprend que le revenu cadastral (servant de base aux impôts locaux) de la « maison » de Pigeon a progressé de 50% suite à augmentation  des bâtiments déjà existants (démolition + construction nouvelle). Cette habitation, que l’on retrouve sur les matrices de 1882 à 1911, comporte 53 ouvertures et 2 portes cochères (au lieu des 30 déclarées en 1801/1802). C’est donc très probablement vers 1850/1852 que l’ancien manoir a été remplacé par le nouveau château (photo ci-dessous), strictement à l’emplacement du précédent manoir ainsi que l’affirmait J.F. Pitard en 1877. (17)

En 1872 et 1874, deux constructions nouvelles sont déclarées sur la matrice. Ainsi qu’on le verra ci-après, un orphelinat a été ouvert en 1868 (voir chapitre IV « de l’orphelinat à l’IME »). C’est pour accueillir les jeunes filles orphelines mais aussi les sœurs de la Congrégation que ces nouveaux bâtiments ont été édifiés afin d’agrandir l’existant. L’un, portant le même classement que le château pour le calcul du revenu cadastral est composé de huit ouvertures. L’autre est un bâtiment habitable composé de six ouvertures. Aucune information ne nous permet de les situer sur le plan. Peut-être s’agit-il pour l’un, du petit bâtiment en pierres construit de l’autre côté de la rivière dénommé plus tard « le lavoir ».

En 1883, une nouvelle construction est déclarée (bâtie vers 1878/1880). Elle comprend 54 ouvertures et 1 porte cochère et elle est composée de deux bâtiments (dont l’un à l’emplacement des anciennes dépendances du manoir) et sert d’école et de pensionnat de l’orphelinat. Après 1995, ces bâtiments accueilleront les bureaux et services administratifs de l’IME.

En 1894, ce nouveau bâtiment apparait avec les anciens ainsi que le « lavoir » sur un plan établi lors de la construction dans le parc de barrages sur l’Hoëne.

Début 20ème siècle ??? > Ainsi qu’on peut le voir ci-dessus sur ce plan de 1894, l’aile sud du château, en bordure du chemin est toujours existante. Si l’on considère que ce plan, dressé le 13/8/1894 par les ingénieurs des Ponts et Chaussées, est bien conforme à la réalité du moment, on peut donc penser que ce bâtiment a été démoli postérieurement, soit au début du 20ème siècle. Il a été remplacé par la petite tour et le mur de soutènement du talus de la route. C’est très probablement à cette même époque qu’a été ajoutée la galerie à l’aile nord du château, tel que ces bâtiments existent toujours actuellement (voir photo ci-dessous)

Plusieurs dépendances, très probablement également construites au début du 20ème siècle, existaient en prolongement des deux bâtiments de l’orphelinat. Elles ont été démolies et remplacées par des bâtiments pour la plupart construits en parpaing au cours de la deuxième moitié du 20ème siècle  (ateliers, gymnase, classes …)

Un autre petit bâtiment en parpaing  d’à peine 5 m2 peut intriguer par sa présence près de l’entrée du parc, en bordure de celui-ci, dans l’herbage et bien visible de la route. Construit aussi au début du siècle précédent, il abritait une pompe montée sur un petit puits de faible profondeur, dont les vestiges sont toujours visibles à l’intérieur, destinée à fournir en eau le domaine de Pigeon. Cette pompe fut en activité jusqu’au début des années 1950, date d’installation de l’adduction d’eau dans la commune.

Tous ces bâtiments sont représentés sur le plan cadastral rénové de 1968 reproduit ci-dessous

En 1995, construction du bâtiment moderne appelé « centre de vie », servant de dortoir et réfectoire aux enfants de l’IME.

2020 > plan cadastral actuel sur lequel figure toutes les constructions existantes à la fin du 20ème siècle.

NB : les cartes ci-dessus ont été annotées et complétées par mes soins de l’identification des bâtiments avec les dates approximatives de constructions ou modifications.

(1) AD 61 série 14 J : chartrier famille de ROHARD

(3) J.F. Pitard – Fragments historiques sur le Perche

(12) AD 61- série H : clergé régulier

(13) AD 61- série 4 E 46 : archives notariales

(14) AD 61- série 4 Q : registres des hypothèques

(15) AD 61- plan cadastral dit « Napoléonien » en ligne

(16) « cadastre.gouv.fr » : plan cadastral actuel en ligne

(17) Archives communales : matrices cadastrales

III – Conflits et procédures

1)  entre les familles de ROHARD et de GISLAIN (1597 / 1610)

Présentation de la famille de GISLAIN >

Charles de GISLAIN était seigneur de Boisguillaume et de la Gastine en Soligny la Trappe et seigneur de Corbion et du Houssay en St Aquilin de Corbion. Il avait épousé en 1552 Catherine BOUJU dont il a eu 4 enfants :

– Robert, fils ainé qui deviendra seigneur de Boisguillaume ;

– Jean qui deviendra seigneur du Houssay ;

– Judith qui épousera ci-dessous Jacques de ROHARD ;

– Marguerite qui deviendra dame du Boulay (voir généalogie de GISLAIN   )

Charles de GISLAIN est décédé avant 1589 et son épouse avant 1600.

* Au sujet du mariage de Jacques de ROHARD avec Judith de GISLAIN (1597)

 Le jeudi 4 septembre 1597, Jacques de ROHARD, écuyer, sieur de Villemoys et de Pigeon demeurant paroisse de St Hilaire et Judith de GISLAIN (fille du défunt Charles de GISLAIN, seigneur de Boisguillaume et du Houssay), demeurant au lieu du Houssay, paroisse de St Aquilin,  s’unissaient par le sacrement du mariage en l’église Notre Dame de Crot (Croth – Eure) en présence de Jacques Meunier, curé de ladite paroisse de Crot et de plusieurs parents et amis.

Le même jour, ils avaient procédé à la rédaction de leur contrat de mariage devant Me Hué, tabellion juré au bailliage et châtellenie de Sorel (aujourd’hui Sorel-Moussel – E et L) en présence de Jehan Morel, avocat au bailliage de Dreux, bailli et châtelain de Sorel.

Jacques de ROHARD s’était probablement épris de Judith quelques années plus tôt, alors qu’il était domestique dans la maison de Robert de GISLAIN, frère aîné de ladite Judith. Mais Robert de GISLAIN et son frère Jean n’approuvait pas du tout le mariage de leur sœur avec leur ancien serviteur.

Les deux frères de GISLAIN avaient intenté une action en justice contre Jacques de ROHARD dans le but de faire annuler le mariage pour les motifs ci-après énoncés :

  • Ils l’avaient accusé de rapt, déclarant que pendant qu’ils étaient au siège d’Amiens à lutter avec l’armée française au côté d’Henri IV contre les troupes espagnoles, Jacques de ROHARD avec l’aide de son père, accompagnés de dix ou douze hommes armés, avait enlevé leur sœur Judith.
  • Il s’en était suivi un mariage clandestin sans aucune proclamation de bans et sans leur consentement qui aurait dû être requis selon les coutumes, d’autant plus qu’il y avait inégalité de biens entre les deux familles.
  • De plus, il y avait parenté entre les deux époux qui nécessitait une dispense du clergé. En effet, l’église interdisait les mariages consanguins, c’est-à-dire entre personnes ayant un ancêtre commun jusqu’au 4ème degré inclus. Or, les deux époux avaient un ancêtre commun en la personne de Jean de GISLAIN époux de Marie Danez, arrière-arrière grand père de Jacques (4ème degré) et arrière grand père de Judith (3ème degré). Voir arbre ci-dessus.

Par décret, défaut, sentence et jugement des 8,9 et 23/9/1597 et 27/1/1598, prononcés par le bailli du Perche, ledit Jacques de ROHARD fut condamné à la peine de mort par contumace, n’ayant pas jugé utile de se présenter à l’audience et d’assurer sa défense.

Il fit immédiatement appel de ce jugement et déposa une requête près de la cour du parlement de Paris. Et cette fois, il était présent à l’audience avec son père, également jugé en première instance.

Après avoir entendu Jacques de ROHARD et examiné toutes les pièces communiquées,  la cour déclara nul le précédent jugement, selon les propos suivant rapportés tels qu’ils sont déclarés dans son arrêt du 11 mars 1598 « … il n’y a lieu de faire un procès criminel aux appellans ; a mis s’il plaise à notre cour en mettant les appellans en sentence de mort donnée par contumace et toutes les proceddures criminelles au néant, mettre les parties hors de cours et de procès. Nostre court en la chambre de l’édit par son arrest a mis et met les appellations et ce dont este appellé deffault, sentence et contumace et ce qui s’en est ensuivy au néant sans amende …».

En effet, la cour avait considéré :

  • qu’il n’y a pas eu de rapt vu le grand âge de la demoiselle qui avait plus de 30 ans et dont l’amour de celui qui est accusé de rapt a commencé depuis 5 ou 6 ans pendant qu’il était  domestique dans la maison du frère aîné de la demoiselle ;
  • que ce qui serait à condamner en la personne d’un serviteur de basse condition ne peut se dire contre l’appelant qui est reconnu gentilhomme voir parent de la demoiselle ;
  • que la demoiselle a fait son devoir en suppliant ses frères pour les faire condescendre à l’accord de son mariage avec ledit sieur de Villemoys, gentilhomme de leur connaissance. Consentement qui ne pouvait être requis que par nécessité d’honneur et non par nécessité de précepte. En effet, la loi et les coutumes exigeaient le consentement des parents (ascendants) au mariage de leurs enfants. Mais ce consentement, même en l’absence des ascendants décédés, ne pouvaient pas être exigés par les collatéraux (frères) surtout lorsque ceux-ci ne lui avaient pas trouvé mari avant l’âge de 25 ans ;
  • qu’en ce qui concerne le lien de parenté, la dispense a été obtenue au vus et sus des frères GISLAIN et le mariage solennisé en face de Sainte église. En effet, ils avaient obtenu dispense de 3è à 4è degré d’affinité et consanguinité, approuvé par Louis du Moulinet, évêque de Sées le 27/8/1597.

L’arrêt de la Cour du parlement de Paris du 11 mars 1598 confirmait donc le mariage de Jacques de ROHARD avec Judith de GISLAIN.

* Au sujet d’un partage des successions de leurs parents et aïeule (1600)

Une animosité était née de ce procès et persistait entre les deux familles puisque deux ans plus tard, ce sont les deux récents mariés de ROHARD – de GISLAIN qui s’opposaient à Robert de GISLAIN, principal héritier de Boisguillaume, dans le partage de succession de leurs ascendants. Ils lui demandaient des droits qu’ils prétendaient avoir sur :

  • des biens meubles et immeubles dans la succession de défunte Catherine BOUJU, leur mère ;
  • des biens meubles dans la succession de Charles de ROHARD, leur père ;
  • des biens meubles dans la succession de Perrette des LOGES, leur aïeule ;
  • des parts et portions reçus par Robert de GISLAIN du défunt Charles de SURMONT, (ex tuteur des enfants dudit Robert mais dont le lien familial n’a pas été retrouvé) ;
  • ainsi que la fourniture de bois par Charles à sa sœur sur les terres de Boisguillaume, et des fermages à elle dus par le sieur de Boisguillaume pour le lieu de la Geslière.

L’affaire s’est toutefois arrangée à l’amiable aux termes d’une transaction entre les parties le 19 juin 1600, dont le contenu n’est pas ici rapporté et qui portait essentiellement sur des biens meubles (partage de nombreux bijoux en or d’une valeur non négligeable dont une partie reviendra à Judith de GISLAIN).

* Au sujet des droit de Judith de GISLAIN épouse de ROHARD dans la métairie du Boulay  (1607-1610)

Au décès de Charles de GISLAIN, c’est son fils aîné Robert qui, en application du droit d’ainesse, avait reçu la majorité des biens dont la seigneurie de Boisguillaume. Selon l’usage, les 3 enfants puinés se partagèrent donc le reste de la succession : Jean recevant la seigneurie de Houssay et Marguerite la métairie du Boulay (probablement située paroisse de Soligny).

Marguerite de GISLAIN, célibataire, dame du Boulay, est décédée avant 1607, sans postérité, laissant ses frères et sœur héritiers.

Or, selon la coutume du Perche, en succession collatérale, l’aîné ne recevait rien de l’héritage d’un puiné dont la succession des biens reçus des ascendants revenait aux autres puinés. Toutefois, les « puinées femelles » ne pouvaient y prétendre si ces biens étaient « tenus à foy et hommage », c’est-à-dire relevant d’un autre fief. Ils revenaient alors en totalité aux « puinés mâles ». Les « puinées femelles »  ne pouvaient prétendre à l’héritage d’un frère ou d’une sœur que si le bien était « roturier » et ne relevait d’aucun autre fief.

Au vu de ce qui est ci-dessus rappelé, Jean de GISLAIN, considérant que cette métairie était « féodale et soumise à foy et hommage », en tant que seul frère puiné, se déclara l’unique héritier de Marguerite, en excluant ainsi sa sœur Judith. Ce que contesta vivement Judith de GISLAIN déclarant que cette terre était roturière et qu’elle en était donc héritière pour moitié avec son frère contre lequel elle engagea une procédure.

Alors qu’elle avait engagé les poursuites contre son frère Jean, Judith de GISLAIN décédait vers la fin de l’an 1607 (son mari recevant la garde noble de ses enfants mineurs le 29/1/1608). A défaut d’avoir fourni les justificatifs nécessaires, celui-ci au nom de ses enfants mineurs, était débouté par arrêt du 23/8/1608 de la demande en héritage sur la terre du Boulay. Mais le conflit sur cet héritage de Marguerite de GISLAIN dura plus de trois ans et fit l’objet de plusieurs arrêts en divers parlements.

Suite à ce premier jugement, Jacques de ROHARD, au nom de ses enfants avait déposé une requête pour se pourvoir contre ledit arrêt. Le 25/1/1609, la Cour du Parlement de Paris déclara, au vu des actes antérieurs produits, « que la mestairye du Boullay soit roturière et que non noble et qu’elle n’ayt jamais esté tenue en aulcune féodalité et que jamais ne s’en soy veu ny ne s’en veroit aulcuns adveu, dénombrement, acte de foy et hommage ny quictance de rachapt d’icelle qui sont les merques infaillibles de féodalité et que par conséquent les femelles y doibvent succéder en succession collatéralle comme les masles suivant la coustume du Perche ». Par cet arrêt de la Cour, les enfants de ROHARD pouvaient donc faire valoir leurs droits, en représentation de leur mère décédée, dans la succession de Marguerite de GISLAIN.

Le 2 juillet 1609, Jacques de ROHARD déposait une nouvelle requête près du Parlement de Paris, à laquelle était jointe trois nouvelles pièces justifiant que la métairie du Boulay était roturière et non féodale. Cette démarche ayant été rendue nécessaire suite aux continuelles poursuites engagées contre ses enfants par Jean de GISLAIN, déclarant toujours que la métairie du Boulay était féodale et lui revenait en totalité, ignorant l’arrêt de la Cour ci-dessus.  D’ailleurs à cette date deux instances intentées par ledit GISLAIN étaient toujours en cours près la Cour du Parlement de Paris. Pourtant, un autre arrêt donné par le juge de Moulins le 26/2/1609 allait dans le même sens que celui du 25 janvier mais une nouvelle fois Jean de GISLAIN interjeta appel de cette décision près du parlement de Rouen. Dans sa requête, Jacques de ROHARD déclarait au nom de ses enfants « que ledit Jehan de GISLAIN leur suscite une infinité de procès de jour en jour en plusieurs et divers lieux tant en ce parlement qu’en Normandye en continuation de la mauvaise volonté qu’il a de tout temps porté à ladicte deffunte leur mère  pour les consommer en fraicts et faire perdre tout leur bien et s’en rendre par ce moien pocesseur … recherchant de plus en plus tous moyens de les ruyner … ».

Enfin, par arrêt du 12/6/1610 de la Cour du Parlement de Paris, Jacques de ROHARD a obtenu une saisie arrêt et compensation à l’encontre de Jehan de GISLAIN, ne pouvant être payé des deniers que lui devait ledit de GISLAIN.

2) entre les Sgrs de Pigeon et les Sgrs de Mauregard (de 1600 à 1789)

De vives oppositions sont nées entre les seigneurs de Pigeon, en tant que seigneur de St Hilaire et les seigneurs de Mauregard, en tant que seigneurs de Vorré. Celles-ci ont entrainé de nombreuses contestations de part et d’autre qui ont commencé vers 1600 pour se terminer près de deux siècles plus tard, à la Révolution qui, de fait, éteindra les motifs de contestation.

Ces contestations regardaient 3 chefs :

Pour tenter de comprendre ces contestations, il est bon de rappeler les droits de propriété de chacun.

Au 15ème siècle, Pierre de VORRE était seigneur et propriétaire de sa seigneurie de Vorré dont dépendaient, entre autres, les fiefs et hommages des Fontaines ayant formé par la suite, la seigneurie de St Hilaire.

En 1491, il vendit à Marie de SALLES épouse de Jean de GISLAIN, seigneur de Boisguillaume, ces fiefs ainsi dénommés « fiefs et hommages des Fontaines et du moulin bannal de St Hilaire avec toutes leurs appartenances et dépendances … et touts droits seigneuriaux appartenants audit fief et hommage …  sans que ledit Vorré ses hoirs ou ayant cause y puisse jamais aucune chose demander  et tiendront dudit de VORRE sous une foy et hommage …»

Par successions, Claude de GISLAIN, seigneur de St Mars, en devint propriétaire au début du 17ème siècle. Ce dernier les revendit en 1646 à Charles de ROHARD, seigneur de Pigeon sous cette dénomination : « la terre et seigneurie de St Hilaire et le moulin à bled en dépendant avec les hommages nommés Jambart, Ronel, Lercetel et la Gervaisière, circonstances et dépendances desdittes terre et seigneurie de St Hilaire, moulin à bled et hommages en ce droit de justice sur iceux,  … et sans aucune chose en réserver ni retenir … et tous droits honorifiques en l’église de St Hilaire, etc … »

Par ces actes, les seigneurs de Pigeon, devenus propriétaires de la seigneurie de St Hilaire, restaient soumis aux déclarations de foy et hommage et droits de rachat aux seigneurs de Vorré dont ils dépendaient.

En 1510, ledit Pierre de VORRE, avait vendu sa seigneurie de Vorré avec les fiefs et justice en dépendant (dont les fiefs ci-avant) à Thibault MALLET, seigneur de Mauregard. Par héritages et ventes successives, Vorré fut la propriété des familles de THIBOUST, BARIL et de VANSSAY, seigneurs de Mauregard et de Vorré. C’est donc à ces seigneurs de Mauregard, devenus seigneurs de Vorré, que devaient rendre foy et hommage les seigneurs de Pigeon pour ladite seigneurie de St Hilaire.

* en ce qui concerne les droits honorifiques en l’église de St Hilaire et les droits de justice du seigneur de St Hilaire

En 1601, Jacques de ROHARD, seigneur de Pigeon (déjà vu dans la précédente procédure) avait déposé réclamation contre le seigneur de Vorré qui était alors à l’époque Louis de GISLAIN, seigneur de St Mars (un cousin des Robert et Jean ci-avant) pour l’ordre de préséance à l’église et la distribution du pain bénit. Une sentence arbitrale du bailliage de Mortagne de 1601, déclara que le seigneur de ROHARD ne pouvait prétendre aux honneurs à l’église de St Hilaire comme seigneur de Pigeon et ordonna que le pain bénit serait mis sur l’autel.

Après la vente en 1646 de la seigneurie de St Hilaire, des contestations étaient survenues entre Charles de ROHARD, seigneur de Pigeon (acquéreur de la Sgrie de St Hilaire), Claude de GISLAIN, seigneur de St Mars (vendeur), Jean de THIBOUST, seigneur de Mauregard et le curateur de Barbe de THIBOUST, demoiselle de Vorré pour savoir à qui appartenaient les droits honorifiques de l’église de St Hilaire. Lesdites parties désignèrent trois arbitres (Mrs Abot, de Gruel et de la Puisaye) en leur donnant pouvoir de régler et juger leurs différents et procès déjà engagés près du Parlement de Paris.

Les arbitres donnèrent leurs conclusions dans un procès verbal du 12/1/1659, après consultation de trois avocats du Parlement de Paris, déclarant :

  • que les fiefs des Fontaines, moulin de St Hilaire et autres fiefs voisins également dénommés « seigneurie de St Hilaire », sont mouvants de la seigneurie de Vorré et soumis à foi et hommage envers Barbe de THIBOUST, demoiselle de Vorré ;
  • que ladite demoiselle ne peut contester au sieur de Pigeon, la qualité de seigneur de St Hilaire qui possède moyenne et basse justice sur lesdits fiefs ;
  • qu’elle ne peut elle-même y prétendre aucune justice ;
  • que le sieur de Pigeon, à cause de sa seigneurie de St Hilaire, aura l’avantage de la marche à l’offrande et procession et la préférence à la distribution du pain bénit et de l’eau bénite avant le seigneur de Vorré.

La dame de Vorré furieuse de ces dispositions, fit se soulever plusieurs vassaux de la seigneurie de St Hilaire contre le seigneur de Pigeon, leur faisant contester son titre de seigneur de St Hilaire. Celui-ci fit alors saisir féodalement plusieurs de ces vassaux. A la suite de quoi s’en est suivi une multitude de sentences arbitrales des 17/8/1660,  2 et 7/10/1660, 22/1/1661, 28/7 et 1/8/1663 pour la plupart interjetées en appel près de la cour du Parlement. Laquelle cour, par son arrêt contradictoire du 26/3/1667 a mis à néant lesdits appels, les déclarant sans effet et a jugé irrévocablement que Charles de ROHARD était seul seigneur de l’église et paroisse de St Hilaire.

Mais chaque mutation par décès, qui devait être suivi de déclaration de foi et hommage, entrainait contestations, sentences, appels, … . Il en fut ainsi pour Jacques de ROHARD, héritier en 1669 de Charles de ROHARD et aussi lors de la prise de possession de Vorré par Jeanne Barbe de Gogué, héritière de Barbe de THIBOUST. Cette fois le conflit se termina par une transaction le 3/6/1698 dans laquelle la dame de Vorré reconnaissait au sieur de ROHARD sa qualité de seigneur et patron honoraire de l’église de St Hilaire dont le contenu fut confirmé par sentence du bailliage de Mortagne le 10/3/1699, à la demande de René BARIL, nouveau propriétaire depuis octobre 1698 de Mauregard et Vorré. Le sieur BARIL accepta cette sentence qui s’imposait à lui, mais pour une très courte durée.

Ainsi qu’il a déjà été dit, c’est le Roi qui avait droit de haute justice sur les terres de St Hilaire et Vorré relevant de sa châtellenie de Mortagne. Or, un édit royal d’avril 1702 déclara la vente des hautes justices dépendantes des domaines du Roi. C’est ainsi qu’un arrangement vit naissance dans un traité daté de 1702 entre le seigneur de St Hilaire – Pigeon et le seigneur de Mauregard et Vorré pour l’acquisition chacun pour moitié de la haute justice de St Hilaire. A la suite de quoi, ils prirent chacun le titre de coseigneur haut justicier de St Hilaire. Situation nouvelle qui donna au sieur Baril des intentions d’appropriation de droits sur la seigneurie de St Hilaire, puisque dans un aveu au Roi Louis XV du 23/3/1717 pour ses seigneuries de Mauregard et Vorré, il y inscrivait la haute, moyenne et basse justice de St Hilaire avec droits honorifiques dans l’église. Contre cette usurpation, Jacques de ROHARD forma opposition le 14/5/1717. Enfin, par billet de la même année rédigé par le sieur BARIL, ce dernier déclara qu’il n’entendait pas déroger à la sentence de 1699 accordant au sieur de ROHARD la qualité de seigneur et patron de l’église de St Hilaire.

* en ce qui concerne la déclaration de « foi et hommage »

Conformément à la règlementation de l’époque et à l’article 36 de la coutume du Perche, les déclarations de foi et hommage devaient se faire au chef-lieu (château, manoir …) du seigneur du fief dominant ou à défaut de chef-lieu ou lieu certain, à la porte de l’église.

En 1670, Jacques de ROHARD fit sa déclaration de foi et hommage pour la seigneurie de St Hilaire à Barbe de THIBOUST, dame de Vorré, à la porte de l’église, comme tous ses prédécesseurs, considérant que la seigneurie de Vorré n’avait pas de chef-lieu.  La dame de Vorré blâma (refusa) cet aveu et la sentence qui suivit déclara cette foi et hommage à la porte de l’église bien faite sauf à ladite dame de la requérir de nouveau à la maison de Ronel, si elle le jugeait à propos. En effet, par retrait féodal , Barbe de THIBOUST avait prit possession en 1664 d’une maison à Ronel précédemment comprise dans la seigneurie de St Hilaire. Retrait féodal que contestait Jacques de ROHARD (pour des motifs non exposés ici compte tenu de leurs complexités).

Vers 1760, le sieur Jean DUBREUIL fit sa déclaration de foi et hommage au nom de sa femme et de l’indivision de ROHARD au sieur de VANSSAY à la porte de l’église.

Le sieur de VANSSAY contesta l’irrégularité de cette déclaration notamment en ce qui concerne la forme (au nom de l’indivision) et le lieu (à la porte de l’église). A la suite de quoi il fit une « saisie féodale » sur les fiefs composant la seigneurie de St Hilaire.

Le sieur DUBREUIL s’opposa à cette saisie en contestant point par point les motifs invoqués par le sieur de VANSSAY et en s’appuyant sur une sentence arbitrale du 17/8/1660, considérant notamment que la maison de Ronel était mouvante  de la seigneurie de St Hilaire et par conséquent ne pouvait devenir le chef lieu du fief de Vorré. Je n’ai pas retrouvé le jugement de ce nouveau conflit.  A noter cependant que jusqu’à la Révolution, contrairement à ce que semblait avancer le sieur DUBREUIL, une maison située à Ronel faisait bien partie directement de la seigneurie de Vorré et aurait donc pu en être le chef-lieu.

* en ce qui concerne la propriété du fief de Vitry (ou Vitray)

Ainsi qu’il est dit ci-dessus, Jacques de ROHARD avait fait en 1670 sa déclaration de foi et hommage pour la seigneurie de St Hilaire à Barbe de THIBOUST, dame de Vorré, dans laquelle il avait inclus le fief de Vitry (lieudit disparu situé à Ligny).

Un siècle plus tard, Jacques DUBREUIL, seigneur de St Hilaire Pigeon déclarait au sieur de VANSSAY, seigneur de Vorré, qu’il avait des droits sur ce fief de Vitry comme faisant partie de sa seigneurie. D’après lui, il avait été compris dans les ventes de la seigneurie de St Hilaire de 1491 et 1646 puisque selon ces propos : « l’universalité de tous les fiefs et hommages qui composent la seigneurie de St Hilaire a été vendue  sans en rien retenir ni réserver… ». Quoique non désigné nommément, selon lui ce fief de Vitry était inclus dans sa seigneurie par cette formulation évasive.  De plus, la sentence arbitrale de 1660 et l’arrêt contradictoire de 1667 avait confirmé ce fait, toujours selon les propos du seigneur de St Hilaire qui semblait faire une interprétation particulière desdits documents.

Or, en 1664, Claude de GISLAIN, seigneur de St Mars, avait rendu foi et hommage pour le fief de Vitry à Barbe de THIBOUST, dame de Vorré. En 1676, il vendait ledit fief de Vitry à René de CATINAT. Lequel fief de Vitry était parvenu à la famille BARON. Philippe BARON avait rendu aveu pour ce fief en 1736 à René BARIL, seigneur de Vorré ; puis Madame BARON épouse GOUJEON au sieur de VANSSAY, seigneur de Vorré, en 1768.

Tous ces documents nous démontrent que le fief de Vitry était bien soumis pour ses propriétaires à foi et hommage vers la seigneurie de Vorré dont il dépendait mais qu’il n’avait jamais été la propriété du seigneur de St Hilaire dont la mauvaise foi, sur ce point, semble avérée. (1)

Sources :

(1) Archives départementales 61 – série 14 J : chartrier famille de ROHARD

IV – de l’orphelinat à l’IME

* 1867 – ouverture du testament de Mme de LONGUEIL (9)

Madame la marquise de LONGUEIL, née Marthe Sophie DUBREUIL, décédait en son château de Pigeon le 25/9/1867. Elle laissait pour seule et unique héritière Marie Sophie LABBEY de la ROQUE, sa petite fille, en représentation de Elisabeth Sophie de LONGUEIL sa fille décédée précédemment en 1829, selon notoriété après décès rédigée le 28/10/1867 par Me Brideau, notaire à Mortagne.  Mais cette succession était soumise aux conditions imposées par son testament olographe rédigé le 15/9/1854 et déposé au rang des minutes dudit Me Brideau, le 30/9/1867.

copie de la première page du testament

Testament olographe dont voici le contenu :

« Ceci est mon testament :

Je commence par révoquer tous ceux que j’aurais faits avant celui-ci. Je charge ma succession de fonder, établir et entretenir à perpétuité aussitôt après ma mort, dans mon château de Pigeon et ses dépendances, une congrégation religieuse selon les statuts de celle des Dames de la Charité des Orphelines de Marie de la Délivrande près de Caen.  A cette fondation j’apporte très particulièrement mon domaine de Pigeon embrassant tous les immeubles qui m’appartiennent et m’appartiendront dans les communes de Saint Hilaire lès Mortagne, Sainte Céronne et Bazoches. Ma petite fille, j’en suis certaine s’empressera d’exécuter ponctuellement et en entier ma volonté formelle, car autrement elle manquerait à sa conscience et à ma mémoire.

Si pourtant, contre mon attente elle pouvait diminuer l’étendue de cette disposition par sa réserve légale, j’entends et je veux que son droit ne puisse s’exercer qu’en dehors de mon habitation et ses dépendances, parce que quoi qu’il arrive, mon château, mon parc et mes bois devront toujours être le siège de l’établissement avec toutes les fermes qui y touchent immédiatement, parce que je ne veux pas que mon habitation et mes propriétés passent dans une famille étrangère.

Je veux être enterrée à Mortagne dans le cimetière de cette ville où reposent mes parents. Je donne neuf cents francs pour faire dire des messes pour le repos de mon âme et je prie ma petite fille de prier et de beaucoup faire prier Dieu pour moi.

Si j’ai offensé quelques personnes, je les prie de me pardonner.

Je donne cinq cents francs aux pauvres de Mortagne pour être distribués le jour de ma mort, soit en pain ou argent selon leurs besoins.je donne aussi pareille somme aux pauvres de Saint Hilaire lès Mortagne pour être distribués soit en pain ou en argent et pour avoir des vêtements si monsieur le curé le juge nécessaire.

Je donne une année de gage à mes domestiques qui sont à mon service depuis deux ans.

Je donne tous mes diamants à mes deux nièces Léonie et Mathilde de la Charpentrie, comme souvenir d’amitié.

Je nomme monsieur Gabriel Brideau, notaire à Mortagne (Orne) mon exécuteur testamentaire, pour que mes volontés soient suivies ponctuellement et je le prie d’accepter à cet effet la somme de quatre mille francs, exempts de tous frais.

Le présent testament fait au château de Pigeon le quinze septembre mil huit cent cinquante quatre.

 Du Breuil de Longueil »

Son héritière, Marie Sophie LABBEY de la ROQUE, née en 1829, était devenue orpheline de mère dès la naissance ; sa mère Elisabeth de LONGUEIL épouse de Léopold LABBEY de la ROQUE étant décédé 6 jours après son accouchement. Elle n’a que 19 ans quand décède son père en 1849, année où elle est entrée religieuse à la Vierge Fidèle, sans doute à Notre Dame de la Charité des Orphelines de la Délivrande, maison mère fondée en 1831, située à Douvres (aujourd’hui Congrégation Notre-Dame de Fidélité). Elle rejoint ensuite le couvent et orphelinat de la Vierge Fidèle de Norwood, situé dans la banlieue de Londres, premier orphelinat catholique créé en Angleterre en 1848. C’est dans cet établissement que Marie Sophie, en religion mère Sainte Marie du Carmel, se consacre à l’éducation et à l’instruction des orphelines quand décède sa grand-mère en 1867.

On comprend alors tout le sens du testament de Mme de LONGUEIL. N’ayant pour seule descendance qu’une petite fille religieuse dans un orphelinat, qui était elle-même orpheline de mère à la naissance et de père à 19 ans, elle n’a qu’un désir : que ses biens de Pigeon servent à l’ouverture d’un orphelinat pour jeunes filles.

* 1868 – ouverture de l’orphelinat (18) – (19)

Le 10 février 1868, 4 mois seulement après le décès de Mme de LONGUEIL, s’ouvre à Pigeon, un orphelinat pour jeunes filles sous la direction de Caroline de GISLAIN, religieuse de la communauté de la Vierge Fidèle, en religion Mère Sainte Clothilde, première supérieure de cet établissement. Après plus de trente ans à la tête de l’orphelinat de Pigeon, elle y décède le 15 août 1899 où elle est inhumée dans le petit cimetière du lieu et y sera rejointe par la suite par de nombreuses autres sœurs. Née en 1828 à Ronchères (Aisne), elle était revenue vers les terres de ces ancêtres puisqu’elle était descendante de Jean de GISLAIN, seigneur du Houssay (Bonsmoulins) contre qui les seigneurs de Pigeon étaient en procès vers 1608 (voir chapitre 3 ci-avant).

Dès la première année de fonctionnement, les six sœurs présentent à Pigeon accueillent 28 fillettes, pour la plupart orphelines de mère (apparemment dans le château reconstruit vers 1850 à la place de l’ancien manoir).

* 1878/1880 – construction d’un nouveau bâtiment avec école et pensionnat

Vers 1878/1880 est construit un nouveau bâtiment et le 10 avril 1880 s’ouvre une école dans l’orphelinat ainsi qu’un pensionnat pour recevoir des jeunes filles de Mortagne. Très rapidement on accueille des jeunes de la région (Laigle, Sées, Alençon …) et à partir de 1890 de Paris. Puis après 1920 est ouverte une Ecole de formation agricole et d’enseignement ménager.

* 1954/1955 – travaux importants et ouverture de l’IMP

En 1954/1955, à l’initiative de sœur Anne-Marie Sépulchre, est ouverte une section spéciale médico-pédagogique pour accueillir 25 fillettes débiles légères âgées de 6 à 14 ans. C’est elle qui, à 27 ans, après 4 ans d’enseignement à Douvres la Délivrande et 1 an d’enseignement à Pigeon, prend la direction pédagogique et éducative de l’IMP. L’Association « Foyer Notre-Dame », créée en juillet 1955, dont le but est d’accueillir et d’éduquer des jeunes en difficulté, assure la gestion de l’établissement. La directrice de l’orphelinat, Renée RICHARD, en religion sœur Sainte Madeleine de Pazzi attribue une partie des locaux et du personnel à cette section. Locaux qui avaient fait précédemment l’objet d’importants  travaux dans le but de moderniser l’établissement et pour l’ouverture de cette section. Le chauffage central avait été installé en 1951. En 1953, 3 classes avaient été remises à neuf dont 2 destinées à la section médico-pédagogique ainsi que 2 dortoirs également destinés à cette section. En 1954, de nouveaux gros travaux sont effectués : amélioration de l’adduction d’eau, évacuation des eaux usées, amélioration des équipements sanitaires, installation de salle de loisirs, infirmerie avec salle de soins et salle de consultations médicales, plus une salle pour les éducatrices. Enfin en 1955, réfection de la cuisine et installation des douches et salle de bains.

L’établissement est agréé au titre des décrets de la Sécurité Sociale autorisant le fonctionnement des établissements privés destinés à accueillir « des enfants atteints de déficience à prédominance intellectuelle liée à des troubles neuropsychiques exigeant sous contrôle médical, le recours à des techniques non exclusivement pédagogiques pour débiles moyens et légers ».

Désormais, il peut être accueilli à Pigeon 25 fillettes débiles moyennes et légères dans la section IMP et 25 autres cas sociaux dans sa section orphelinat. Cette section orphelinat ferme en septembre 1960 pour laisser place à l’extension de l’IMP qui peut recevoir 45 enfants d’âge scolaire.

* 1966/1970 – IMPRO des Tourelles, mixité

En octobre 1966 s’ouvre l’IMPRO des Tourelles à Mortagne, dans les locaux de l’ancien « Ouvroir » de Mortagne tenu jusqu’alors par les Sœurs du Sacré Cœur de Marie de Chartres, pour l’accueil des fillettes orphelines de l’arrondissement. Puis en 1969 s’ouvrent des semi-internats aux Tourelles et à Pigeon.

L’association Foyer Notre-Dame  gère donc, à partir de 1966, les deux établissements :

– l’IMP de Pigeon organisé pour recevoir 45 enfants de 6 à 14 ans en internat + 12 enfants en semi-internat depuis 1969, soit un total de 57 enfants ;

– l’IMPRO « Les Tourelles » destiné à accueillir les jeunes filles sortant de l’IMP de Pigeon et disposant de 24 places d’internat + 12 places de semi-internat depuis 1969, soit un total de 36 adolescentes.

 C’est à partir du début des années 70 que l’on assiste à l’accueil de garçons avec mixité dans les deux établissements (agrément en 1971 pour l’IMP de Pigeon et agrément en 1975 pour l’IMPRO des Tourelles).

En 1984 l’IMP de Pigeon (qui va devenir l’IME : institut médico-éducatif), sous la direction de sœur Anne-Marie, accueille dans 5 classes, 56 jeunes garçons et filles en difficulté de 6 à 14 ans, encadrés par 40 adultes (cadres, instituteurs, éducateurs, personnel des services généraux …) dans ce magnifique parc avec jardin et bois d’environ 13 hectares.

* 1996 – construction des bâtiments modernes dénommés : « Centre de vie »

En 1995/1996, quelques chênes centenaires de ce joli parc vont être abattus pour laisser place à des bâtiments plus modernes afin d’assurer de meilleures conditions d’accueil et d’éducation des enfants. On pouvait donc penser que l’IME de Pigeon avait encore un bel avenir devant lui compte tenu de ces importants investissements. Mais c’était sans compter sur l’évolution de la politique d’enseignement et d’intégration de ces enfants en situation de handicap intellectuel.

* 2012/2018 – Mise en place du dispositif médico-éducatif du Perche puis départ des enfants et des sœurs (20) – (21) – (22)

En 2012, l’IME de Pigeon accueillait toujours 55 enfants et adolescents, garçons et filles âgés de 6 à 16 ans, dont 30 en semi-internat et 25 en internat de semaine. Plusieurs partenariats et activités diverses avaient été mis en place ces dernières années :

  • partenariat avec la compagnie « Théâtre Bascule »  de Préaux dans le cadre d’un projet artistique autour du récit et de l’écriture pour la réalisation d’un album audio jeunesse ; avec participation des jeunes de l’IME aux divers ateliers du projet : écriture du texte, illustrations, jeu théâtral, accompagnement sonore et musical, réalisation des décors …) ; le tout suivi de deux représentations et de deux expositions. Un atelier théâtre existait déjà depuis une dizaine d’année à Pigeon.
  • ateliers d’art en partenariat avec la Scène Nationale 61 : ateliers de travail mélangeant magie, photos, peinture.
  • partenariat avec des associations sportives locales : section Tir à l’arc de l’USM, Randonneurs du Perche, etc …
  • et plus récemment mini ferme découverte avec les animaux sur le site de Pigeon (chien, rongeurs, chevaux …)  etc…

Depuis 2012, l’établissement était impliqué dans une démarche de proximité, sous l’impulsion de Sébastien FOSSE, nouveau directeur du dispositif médico-éducatif du Perche.

Ce dispositif regroupait 3 établissements gérés par l’association Foyer Notre-Dame : l’IME de Pigeon à St Hilaire, l’IME du Perche et le SESSAD (Service d’éducation spéciale et de soins à domicile) à Mortagne qui accueillaient 130 enfants.

Sa mise en place s’est traduite par une inclusion des enfants des IME en milieu dit « ordinaire », scolarisés dans des établissements catholiques de l’Orne selon une nouvelle offre de services voulue par l’Agence Régionale de Santé, en application d’une loi datant de 2005. Cette nouvelle « politique » d’éducation et d’insertion des jeunes enfants en situation de handicap intellectuel voulant qu’il n’y ait plus d’établissements spécialisés et que chaque jeune puisse évoluer dans des environnements quotidiens et professionnels habituels, au plus près de leur domicile, tout en étant accompagnés et suivis par des éducateurs spécialisés.

Le 21 octobre 2016, l’association Foyer Notre-Dame prenait la décision qu’à compter de septembre 2017, il n’y aurait plus d’enfants accueillis à Pigeon. Compte tenu de cette nouvelle orientation d’insertion des jeunes mais aussi en raison de difficultés financières, le domaine devait être mis en vente.

En 2016/2017, les enfants quittaient Pigeon pour rejoindre des établissements scolaires de la région : Mortagne, L’Aigle, Bellême, Alençon et pour rentrer chaque soir chez leurs parents.

Depuis juillet 2017, les enfants et tout le personnel de l’association ont totalement déserté le domaine et depuis cette date, il règne dans ce parc un silence inhabituel, presque pesant, contrastant avec la grande animation qui y régnait depuis 1868.

En octobre 2018, les trois dernières sœurs de la Congrégation Notre-Dame de Fidélité toujours présentes à Pigeon : sœur Anne-Marie Sépulchre qui a dirigé l’IME de 1955 à 1992 ainsi que sœurs Irène Renaud et Marie Bernardon, quittent les lieux pour rejoindre la maison mère à Douvres la Délivrande, soit exactement 150 ans après l’installation de Caroline de GISLAIN.

Les sœurs ont définitivement quitté les lieux, mais près de 35 d’entre elles y demeureront éternellement dans le petit cimetière où elles sont inhumées. Citons notamment : Sr Ste Anastasie-Patry, la première a y avoir été inhumée en 1884 ; Caroline de Gislain (Mère Ste Clotilde), première supérieure de l’établissement † en 1899 ; Renée Richard (Mère Ste Marie Madeleine de Pazzi), directrice de l’orphelinat en 1960, † en 1962 ; J. Jannin (Mère St François Régis) † en 1976 ; E. Marie (Sr St Exupère) † en 1984 ; et plus récemment Marie-Odile Lanery (Mère Marie des Apôtres) † en 2006 et Anne-Marie Fautrad (Mère de la bienheureuse Isabelle de France) † en 2013.

Suite à ces départs, la vente du domaine qui semblait inévitable n’a pas été réalisée à ce jour. Un projet de réouverture serait même à l’étude. Les vœux de la marquise de LONGUEIL, émis dans son testament de 1854, seraient-ils encore entendus et partiellement réalisables en 2020/2021 ? Alors, ainsi que l’écrivait Sr Catherine Déom, supérieure générale de la Congrégation, dans le bulletin de l’ensemble paroissial Ste Céronne : « Tout projet qui pourrait donner un sens renouvelé à ce vaste foncier, ou du moins à certaines parcelles, serait accueilli avec bonheur et soulagement ».

Sources :

(9)  AD 61 – série 4 E 125 : archives notariales

(18) Association Foyer Notre-Dame, domaine de Pigeon par Sr Anne-Marie Sépulchre – 1984

(19) Sessad du Perche – historique depuis la fondation

(20) cf articles « Le Perche » et « Ouest-France »

(21) IME du Domaine de Pigeon (sur internet)

(22) Congrégation Notre Dame de Fidélité – bulletin de l’ensemble paroissial Sainte Céronne – 1/10/2018 

Annexe 1 – arbre généalogique de ROHARD

Annexe 2 – listes des actes et documents d’archivev

datesNature des documentsRéférence des archivesvucité
12/07/1328Aveu rendu à Jehan ROHART pour fief de la Maillardière (ou Massardière ?)AD 61 – 14 J x
24/05/1386Lettres du Roi Charles VI pour arrêter les poursuites dirigées contre Jean ROHARDBNF /GallicaCab. d’Hozier x
11/07/1406Bail à rente par Jehan ROHARD à Laurent LINETAD 61 – 14 J x
26/01/1410Bail à rente par Jehan ROHARD à Pasquier MASSARTAD 61 – 14 J x
03/12/1427Lettre  où Jehan de ROHARD s’engage à nourrir son beau frère et ses enfantsAD 61 – 14 J x
28/07/1453Obligations par Guillaume BOURDON à Thomas ROHARDAD 61 – 14 J x
25/04/1454Rente par Collin DESMOULLINS à Thomas ROHARDAD 61 – 14 J x
03/01/1470Partage de la succession de Thomas de ROHARD devant Me Tanu ThiboustAD 61 – 14 J x
17/01/1471C de M – Allin de ROHARD / Jacqueline du GRENIER devant Me Cailleron à La perrière (17/1/1451 dans AD61- 14J : date qui semble erronée)H et G – 133 x
29/10/1473C de M – Jehan de ROHARD / Marie de MORTEMERAD 61 – 14 J x
12/02/1480Rente par Denise BARBIERS à Jehan ROHARDAD 61 – 14 J x
26/11/1480Procuration par Jehan de ROHARDAD 61 – 14 J x
10/01/1484Aveu rendu à Allain de ROHARDAD 61 – 14 J x
20/08/1491Vente par Pierre de VORRE à Marie SALLES de la Sgrie de St HilaireAD 61 – 14 J x
22/10/1494Contrat par Allain ROHARD garde des enfants de Jehan ROHARD devant Me Jehan JourdainAD 61 – 14 J x
29/06/1502C de M – Jeanne de ROHARD/ Raoul de LESPINE devant Me CrestotAD 61 – 14 Jx 
28/01/1505Aveu à Laurent ROHARD pour les Basses Masures (St Jouin de Blavou) devant Me Jahandier à La PerrièreAD 61 – 14 J x
26/02/1507C de M – Lorent de ROHARD / C. de GILLAIN – Me LeBigre à MortagneAD 61 – 14 J x
12/07/1508Foy et hommage par Sgr de St Hilaire à Sgr de VorréAD 61 – 14 J x
11/06/1512Aveu à Laurent ROHARD de la Mainayrie (Ménairie), paroisse de St JouinAD 61 – 14 J x
01/02/1513Sentence aux plaids de Mortagne contre Laurent ROHARDBNF /GallicaCab. d’Hozier x
05/12/1515Vente d’héritages à Laurent ROHARD devant Me Desjouis à MortagneBNF /GallicaCab. d’Hozier x
04/07/1524Don par Allain ROHARD à Laurent ROHARD – Me LebaillyAD 61 – 14 J x
02/03/1526Foy et hommage par Sgr de St Hilaire à Sgr de VorréAD 61 – 14 J x
23/11/1535Commandement par Catherine GISLAIN à Jean ROHARDAD 61 – 14 J x
08/02/1538Retrait lignagé par Jean de ROHARD – Me Charron à MortagneAD 61 – 14 J x
29/04/1538Partage succession Laurent de ROHARD devant Me Caget (étude Me Charron)AD 61 – 14 Jx 
04/05/1538Contrat entre Anne ROHARD et Jehan ROHARD devant Me FoucquetAD 61 – 14 J x
13/07/1538Partage de la succession de Lorent de ROHARD – Me Caiget à MortagneAD 61 – 14 J x
23/04/1539Acte au pled de Mortagne par Jean de ROHARDAD 61 – 14 J x
22/05/1539Transaction  entre Catherine GILLAIN et Clériadus de ROHARDAD 61 – 14 Jx 
02/03/1541Acte au plaid de Mortagne entre Jean ROHART et Ch de CHAMPEAUXAD 61 – 14 J x
01/12/1542C de M – Jean de BARVILLE/ Catherine de LANCEAD 61 – 14 Jx 
12/12/1547Procuration par Catherine Gislain, veuve de Laurent de ROHARD à Jehan de ROHARD, son filsBNF /GallicaNouv. d’Hozier x
19/11/1548Sentence au profit de Clériadus ROHARD contre Jean ROHARD devant Me CrestotBNF /GallicaCab. d’Hozier x
21/09/1556Transaction entre François de ROHARD et Catherine GISLAINAD 61 – 14 J x
23/07/1558Rédaction des coutumes du Perche > présence de Michel ROHART, défault contre Clériadus ROHART …Gilles BRY x
28/11/1560Nomination pour la noblesse de Michel de ROHARDAD 61 – 14 J x
24/01/1561C de M – François de ROHART/ Anne de BARVILLE -Me Gillet et Aubert à Laleu et Ste ScolasseAD 61 – 14 J x
10/06/1561Nomination pour la noblesse de Michel de ROHARDAD 61 – 14 J x
20/10/1564Don mutuel de ROHARD / COURTIN – Me Duboys à BellesmeAD 61 – 14 J x
14/04/1567C de M –  François de ROHARD / Anne de BARVILLE devant Me Julien YvarAD 61 – 14 Jx 
13/05/1573Décès de Clériadus de ROHARDH et G – 133 x
01/07/1574Bail sgrie de Boisguillaume > nommé François de ROHARD … AD 61 – 14 Jx 
30/09/1580Mariage Louis de ROHARD / Jeanne de LISLEH et G – 133 x
08/04/1581Transaction avec François de ROHARDAD 61 – 14 J x
23/08/1581Mainlevée à Michel de ROHARDBNF /GallicaNouv. d’Hozierx 
12/07/1582Acte par Michel de ROHARD, émancipation de son fils MichelAD 61 – 14 J x
26/01/1583Garde noble par Michel de ROHARD de ses enfants mineursAD 61 – 14 J x
16/08/1588Nomination pour la noblesse de Michel de ROHARDAD 61 – 14 J x
16/11/1588Procuration par Catherine de BARVILLEAD 61 – 14 J x
04/05/1593C de M – Charles de ROHARD / Jehanne de GRAFFART devant Me CholletAD 61 – 14 J x
18/08/1596Copie de mainlevée à François de ROHARDAD 61 – 14 Jx 
07/05/1597Lettre d’appel par François de ROHARDAD 61 – 14 Jx 
04/09/1597C de M – Jacques de ROHARD / Judit de GISLAINAD 61 – 14 Jx 
07/09/1597Mariage de Jacques de ROHARD et Judith de GISLAINAD 61 – 14 Jx 
11/03/1598Arrêt de confirmation du mariage de ROHARD/de GISLAINAD 61 – 14 Jx 
17/03/1598Représentation par François de ROHARD  des lettres de noblesseAD 61 – 14 Jx 
14/01/1599Succession de François de ROHARDH et G – 133 x
19/06/1600Partage de ROHARD / de GISLAINAD 61 – 14 Jx 
29/01/1608Acte de garde noble au pled de MortagneAD 61 – 14 J x
29/09/1608Baptême de François de ROHARD et de Catherine de ROHARDH et G – 113 x
21/01/1609Lettre de garde noble pour Jacques de ROHARDAD 61 – 14 Jx 
25/01/1609Procédure Jacques de ROHARD / Sr GISLAINAD 61 – 14 Jx 
02/07/1609Requête par Jacques de ROHARD …AD 61 – 14 Jx 
12/06/1610Demande en saisie arrêt par Jacques de ROHARD sur Jehan GISLAINAD 61 – 14 Jx 
21/11/1614Contrat d’acquêt par Jacques de ROHARD de Marie de ROHARDAD 61 – 14 Jx 
08/09/1617Vente de maison à Ronel par Sr GislainAD 61 – 14 J x
26/09/1621Congé à Charles de ROHARDAD 61 – 14 Jx 
05/03/1624Maintenue de noblesse à Jacques de ROHARDAD 61 – 14 Jx 
12/03/1624Inhumation de Charles de ROHARDH et G – 122 x
28/06/1626Certificat à Charles de ROHARDAD 61 – 14 Jx 
13/06/1627Certificat de service délivré à Charles de ROHARDAD 61 – 14 Jx 
14/10/1629C de M – François de ROHARD / Hélaine de CHALOPINAD 61 – 14 Jx 
03/08/1634Acte de justification de la noblesse de Jacques de ROHARDAD 61 – 14 Jx 
08/08/1635Comparution de Jacques de ROHARD sur ordonnance de l’arrière ban …AD 61 – 14 Jx 
07/09/1635Arrière ban de 1635AD 61 – 14 Jx 
30/06/1639C de M – Charles de ROHARD / Françoise de BARVILLEAD 61 – 14 Jx 
26/07/1639Foy et hommage par Sgr de St Hilaire à Sgr de VorréAD 61 – 14 J x
17/07/1640Foy et hommage par Sgr de St Hilaire à Sgr de VorréAD 61 – 14 J x
14/03/1641Noblesse de Charles de ROHARDAD 61 – 14 Jx 
02/10/1641C de M (en latin)AD 61 – 14 Jx 
27/01/1642Confirmation de mariage de ROHARD / de BARVILLEAD 61 – 14 Jx 
06/10/1642Permission de solenniser le mariage Charles de ROHARD/ Françoise de BARVILLEAD 61 – 14 Jx 
18/06/1646Vente par Claude de GISLAIN à Charles de ROHARD de la Sgrie de St HilaireAD 61 – 14 J x
01/09/1646Prise de possession de l’église de St Hilaire par Charles de ROHARD – acte notariéAD 61 – 14 J x
02/03/1647Acte de célébration de mariage Ch de ROHARD/ Fr de BARVILLEAD 61 – 14 Jx 
17/08/1650Foy et hommage par Sgr de St Hilaire à Sgr de VorréAD 61 – 14 J x
22/10/1654Partage entre Charles de ROHARD et François de BARVILLEAD 61 – 14 Jx 
16/04/1655Testament de Jean de ROHARDAD 61 – 14 Jx 
12/01/1659Procès verbal concernant droits honorifiques de l’église de St HilaireAD 61 – 14 J x
17/08/1660Sentence arbitrale entre Sgrs de St Hilaire et de VoréAD 61 – 14 J x
02 et 07/10/1660Sentences provisoiresAD 61 – 14 J x
22/01/1661Sentence définitiveAD 61 – 14 J x
28/07/166301/08/1663Sentences arbitralesAD 61 – 14 J x
27/01/1664Foy et hommage par Sgr de St Hilaire à Sgr de VorréAD 61 – 14 J x
26/03/1667Arrêt contradictoireAD 61 – 14 J x
07/09/1667Constitution de rente par Charles de ROHARD aux religieuses de ND d’Alençon – Me LecomteAD 61 – 14 J x
23/07/1669Décès de Charles de ROHARDAD 61 – BMSx 
22/05/1670C de M – Jacques de ROHARD / Gabrielle de THIESLINAD 61 – 14 Jx 
21/06/1670Foy et hommage par Sgr de St Hilaire à Sgr de VorréAD 61 – 14 J x
23/06/1670Partage sur BeaufayAD 61 – 14 Jx 
01/01/1671Titres de famille pour noblesse Charles de ROHARDAD 61 – 14 Jx 
24/07/1671Aveu par Jacques de ROHARD pour fief de Pigeon la PlaineAD61–H 2613 x
21/07/1672PV à la dame de VorréAD 61 – 14 J x
21/06/1673PV à la dame de VorréAD 61 – 14 J x
06/07/1673arrêtAD 61 – 14 J x
02/08/1674Extrait registre St Hilaire, baptême de Gilles de ROHARDAD 61 – 14 Jx 
08/02/1676Aveu par Jacques de ROHARD pour le fief de BoisgaucherAD61–H 2613 x
14/11/1677… transport fait par le sieur de Pigeon …AD 61 – 14 Jx 
06/01/1678Partage de succession Charles et Françoise de ROHARDAD 61 – 14 Jx 
08/04/1681Acte … pour les GILLAIN par les ROHARDAD 61 – 14 Jx 
09/03/1694Arrêt pour Charles de THIESLINAD 61 – 14 Jx 
03/06/1698Transaction de ROHARD/ de VoréAD 61 – 14 J x
31/05/1700Armoiries Jacques de ROHARDAD 61 – 14 Jx 
28/07/1703Signification d’acquêt par Sr de CourcivalAD 61 – 14 Jx 
29/05/1706Autre à Jacques de ROHARDAD 61 – 14 Jx 
09/09/1711C de M – Jacques de ROHARD / Elisabeth GAUDINAD 61 – 14 Jx 
24/09/1719quittanceAD 61 – 14 Jx 
23/02/1723Aveu rendu par Jacques Charles de ROHARD pour seigneurie de BoisgaucherAD61–H 2613 x
16/09/1724Aveu par Jacques Charles de ROHARD pour le Grand FrêneH et G – 10 x
07/06/1735Acte GAUDIN / de ROHARDAD 61 – 14 Jx 
04/10/1738Requête à Jacques de ROHARDAD 61 – 14 Jx 
17/11/1739quittanceAD 61 – 14 Jx 
05/04/1746Vente par Pierre BARIL à Jean Alexandre DUBREUIL de la BulardièreAD 61 – 4 Ex 
31/12/1756Contrat de rente par Jacques de ROHARD à Magdeleine d’Erard vve de Boessey _ Me BernierAD 61 – 14 J x
04/10/1758Décès de Jacques Charles de ROHARDAD 61 – BMSx 
04/01/1759Vente de boisAD 61 – 14 Jx 
07/01/1760Aveu du fief de Pontpercé – Me LangeAD 61 – 14 J x
08/01/1760Aveu du fief de la Haute Tremblaye – Me LangeAD 61 – 14 J x
08/01/1760Aveu du fief de la Basse Tremblaye – Me LangeAD 61 – 14 J x
09/01/1760Aveu du fief de Ringouhier – Me LangeAD 61 – 14 J x
23/06/1760Aveu de sgrie de Pigeon – Me LangeAD 61 – 14 J x
03/08/1762Aveu sgrie de Boisgaucher – Me LangeAD 61 – 14 J x
19/06/1764Acquêt de Pigeon par DUBREUILAD 61 – 14 Jx 
23/10/1773Décès de Jean DUBREUILAD 61 – BMSx 
14/02/1780Aveu par Jacques DUBREUIL pour fiefs de Pigeon la Plaine et de BoisgaucherAD61–H 2922x 
20/07/1790Testament olographe de Marie de ROHARDAD 61 – 14 Jx 
07/07/1799Testament de Jacques DUBREUIL, chez Me Bail4 E 228/518 x
30/05/1803Mariage de Marthe DUBREUIL et Henri de LONGUEILAD 61 – BMSx 
17/02/1804Naissance de Elisabeth Sophie de LONGUEILAD 61 – BMSx 
31/12/1807Décès de Marthe de ROHARD, épouse DUBREUILAD 61 – BMSx 
07/01/1820Décès de Henri de LONGUEILAD 61 – BMSx 
15/07/1824Donation par Jacques Louis DUBREUIL à son fils Jacques René4 E 228/518x 
11/02/1825Testament de Jacques René DUBREUIL, chez Me Bail4 E 228/109x 
19/01/1829Mariage Elisabeth de LONGUEIL / Léopold LABBEY de la ROQUEAD 61 – BMSx 
16/10/1829Décès de Elisabeth de LONGUEIL à Caen4 E 125/637x 
13/03/1833Décès de Jacques DUBREUILAD 61 – BMSx 
22/03/1833Dépôt  testament de Jacques René DUBREUIL, chez Me Moussard à Mauves4 E 228/109x 
29/04/1834PV d’héritiers valant partage de la succession de Jacques DUBREUILAD 61 – 4 Ex 
1849Entrée à la communauté de la Vierge Fidèle, de Marie Sophie LABBEY de la ROQUESessad du Perche x
15/09/1854Testament de Mme de LONGUEIL née Marthe DUBREUILAD 61 – 4 Ex 
30/07/1861Acquisition du moulin de RialinAD 61 – 4 Qx 
25/09/1867Décès de Mme de LONGUEIL née Marthe DUBREUILAD 61 – BMSx 
28/10/1867Notoriété testamentaire de Mme de Longueil devant Me BrideauAD 61 – 4 Ex 
20/12/18672è  notoriété testamentaire de Mme de LongueilAD 61 – 4 Ex 
21/12/1867Déclaration de succession de Mme de LONGUEIL   (non communicable)AD 61 – 3 Q x
10/02/1868Arrivée à Pigeon de Mère Sainte Clothilde, première supérieureSessad du Perche x
02/03/1868Autre déclaration de succession de Mme de LONGUEIL (non communicable)AD 61 – 3 Q x
26/03/1868Autre déclaration de succession de Mme de LONGUEIL (non communicable)AD 61 – 3 Q x
25/01/1876Bail de la ferme du Bas Rialin devant Me DelaunayAD 61 – 4 Ex 
08/03/1876Bail du moulin de Rialin devant Me DelaunayAD 61 – 4 Ex 
09/03/1876Bail du moulin de St Hilaire devant Me DelaunayAD 61 – 4 Ex 
03/12/1877Enreg de bail à ferme (ferme de la Bulardière) devant Delaunay du 22/9/1877AD 61 – 2 Q x
24/11/1879Enreg de bail à ferme (ferme de Tréhéru) devant Me Delaunay du 13/9/1879AD 61 – 2 Q x
05/06/1880Extrait du relevé fourni par le receveur de l’enregistrementAD 61 – 2 Qx 
16/10/1885Enreg de bail à ferme (ferme de Pigeon) devant Me Delaunay du 7/10/1885AD 61 – 2 Q x
04/03/1886Location verbale d’un bordageAD 61 – 2 Qx 
30/08/1887Enreg de bail à ferme (ferme de St Hilaire) devant Me Delaunay du 22/8/1887AD 61 – 2 Q x
29/12/1906Déclaration de succession de Marie Sophie Labbey de la RoqueAD 61 – 3 Q x
18/02/1907Déclaration de succession de Mary Ellen GrantAD 61 – 3 Q x
08/07/1920Déclaration de succession de Lucy DaniellAD 61 – 3 Q x
08/03/1921Vente par Louisa Dearlove à Ellinor PomfretAD 61 – 4 Q x
08/03/1921Vente par Elisabeth Tierney à Kathléen LummisAD 61 – 4 Q x
23/05/1924Constitution de la Sté Immobilière MortagnaiseServ PF – Auxerre 1x 

Plus de 80 documents inscrits dans cette liste sont cités dans le chartrier de la famille de ROHARD mais n’y figurent pas. Il ne m’a donc pas été possible de les consulter. Il en est de même des 140 à 150 documents (aveux, baux, titres de propriété) remis par Mr Louis LE PETIT de SERANS à Mr Jean DUBREUIL lors de la vente de Pigeon en 1764. Ces documents ont très probablement été conservés par la famille DUBREUIL jusqu’au décès en 1867 de Mme de LONGUEIL et peut-être même jusqu’au décès de Marie Sophie LABBEY de la ROQUE en 1905. Que sont-ils devenus ? Existent-ils encore ? Si oui, espérons qu’ils ressortiront un jour en bon état de conservation d’une malle, d’un grenier ou d’un service d’archives pour venir enrichir l’historique de Pigeon.

 Référence des archives :

 AD 61                          archives départementales de l’Orne – séries E, H, Q

AD 61 – 14 J :              archives départementales de l’Orne – série 14 J (chartrier de Rohard)

AD 61 – BMS              archives départementales de l’Orne – registres paroissiaux et d’état civil

BNF / Gallica :             bibliothèque nationale de France – bibliothèque numérique « Gallica.bnf.fr »

H et G :                        héraldique et généalogie

Gilles BRY :                Histoire des Pays et Comté du Perche et Duché d’Alençon – 1620

Serv PF- Auxerre 1      service des archives de publicité foncière à Auxerre

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